Pourquoi le Horst festival est unique en son genre

À la croisée des chemins entre musique et art, le Horst réinventera une fois plus la définition de festival ce week-end à Vilvoorde. Un événement comme nulle part ailleurs, pour plusieurs raisons.

Horst
© Maxim Verbueken

Une expérience totale

La particularité du Horst réside avant tout dans son concept. "Nous avons dès le départ tenté de repenser la manière de concevoir un festival", explique Jochem Daelman, qui a co-créé l’événement en 2014. Ils rassemblent ainsi la musique, l’art et l’architecture dans un seul et même lieu, durant trois jours, pour une expérience totale et dépaysante.

Rien que pour le lieu

C’est sur l’incroyable site militaire d’Asiat à Vilvoorde que le Horst posera ses valises pour la troisième fois. Avant, le festival se déroulait au château de Horst – d’où le nom – à Holsbeek. " Déjà à cette époque, nous voulions avoir un impact positif sur le lieu du festival. Mais au fur et à mesure, notre succès a grandi, accueillant parfois trois fois plus de festivaliers qu’à nos débuts. Sous la pluie, l’endroit habituellement très vert se résumait à de la boue. Ce qui allait à l’encontre de notre objectif. Après cinq ans, nous avons donc décidé de déménager", se souvient le co-organisateur.

D’un cadre "romantique et idyllique", le Horst s’est dirigé vers un lieu "industriel voire apocalyptique", avec une multitude d’entrepôts, destinés à l’origine à l’élaboration d’instruments de télécommunication pour l’armée, où la nature a repris ses droits depuis leur abandon en 2008.

Des scènes intimistes

Oubliez également les scènes gigantesques et extravagantes des festivals mainstream. Ici, le stage design est mûrement réfléchi par des architectes, avec des matériaux récupérés, pour casser les codes et créer des espaces nouveaux et intimistes. "Donner l’impression d’aller dans des clubs différents plutôt qu’à un gros festival", compare Jochem. L’an dernier, les festivaliers devaient donc accéder à une scène en s’accroupissant sous un tipi de bois, surplombaient la foule dans une salle composée d’échafaudages ou profitaient des meilleurs DJ sets, les pieds dans l’eau.

Horst festival

© Illias Teirlinck

Cette année, dans une approche toujours plus durable, certaines scènes, comme la très appréciée Bodies in Alliance, resteront, tandis que d’autres porteront un message politique. Jochem cite par exemple celle imaginée par Laure Prouvost qui fera danser les festivaliers à l’intérieur d’une baleine pour sensibiliser aux déchets déversés par la société dans les océans. Intriguant.

Une programmation pointue

"Si vous voulez les têtes d’affiche que vous voyez partout, Horst n’est pas fait pour vous". En effet, son line-up, résolument tourné vers la techno, ne s’adresse pas à tout le monde. Et pour cause, il rassemble la crème de la musique électro, avant même qu’elle soit connue. Rares sont les festivaliers qui connaissent la moitié de la programmation. Tous sont là pour l’ambiance et la découverte. Cette année, on pointera tout de même les sets de Palms Trax, Teki Latex, Uniiqu3, Octo Octa ou encore Blawan. Pour le reste, il faudra se laisser porter sur place.

Les petits plus

Le Horst ne fait rien comme tout le monde, jusque dans les toilettes et au camping. Dans les premières, les organisateurs cachent chaque année une installation plutôt inattendue, comme la cérémonie de mariage l’an dernier ou le karaoké de l’édition pré-Covid. "Cette année encore, une surprise vous attend", confirme Jochem.

Au camping, les organisateurs ont amené l’expérience collective et humaine d’un festival à un tout autre niveau, en créant une zone pour les afters qui, au réveil, se transforme en un buffet matinal. Rien que ça.

Horst va encore plus loin

Mais, pour le public, le Horst ne s’arrête pas aux trois jours de festival, loin de là. De mai à juillet, le site accueillera une exposition conçue en collaboration avec Kanal-Centre Pompidou. The Act of Breathing proposera des œuvres sur le thème du Congo et de ses liens avec la Belgique, passés et présents. Jochem refuse toutefois d’en faire un événement trop politique et clivant. "Notre but est de susciter des réflexions et d’ouvrir les esprits", assure-t-il.

Horst

© Illias Teirlinck

Et après? Toujours dans l’optique de concevoir un festival différent, le Horst va une nouvelle fois se diversifier pour lancer des soirées ponctuelles durant six à huit semaines à partir d’octobre. Il confirme ainsi sa position incontournable dans le milieu événementiel belge. Et ce, désormais durant toute l’année, ou presque.

Horst Festival. Du 29/04 au 1/05. horstartsandmusic.com

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