Roots & Roses: plus que jamais cet esprit "roots"

Musique authentique, ambiance cool, produits locaux. L’ADN du festival Roots & Roses, qui se déroule les 30 avril et 1er mai à Lessines, colle parfaitement aux nouvelles attentes post-Covid. Le point avec son créateur Fred Maréchal.

Courettes au Roots & Roses
The Courettes au Summer Roots de Lessines en 2021. © Mathieu Golinvaux

La vie d’organisateur est compliquée”, ­postait voici quelques jours Frédéric Maréchal sur sa page Facebook. Un constat lucide ne diminuant en rien l’enthousiasme du directeur du centre culturel René Magritte de Lessines et maître d’œuvre du Roots & Roses Festival qui se déroule ces samedi 30 avril et dimanche 1er mai dans l’accueillante entité hennuyère. “Alors que la ­programmation de cette édition 2022 du festival était bouclée et que les affiches étaient imprimées, nous avons dû pallier les annulations de trois groupes américains qui avaient pourtant confirmé depuis plusieurs mois. Il a fallu les remplacer tout en restant cohérent avec notre ligne éditoriale, adapter les ­horaires… On a perdu trois semaines dans la promotion et pas mal d’argent. 6.000 affiches et 30.000 flyers sont passés au pilon. Mais notre nouveau line-up est solide. On a d’excellents retours.” Non, pas aisée la vie d’organisateur. Après le Covid et ses normes sanitaires qui ont changé d’un Codeco à l’autre pendant deux ans, le conflit ukrainien a aussi des conséquences indirectes sur la programmation artistique. “Le Roots & Roses ne peut se passer de ­groupes américains. Leur présence fait partie de notre ADN, et c’est aussi le cas pour les concerts au centre ­culturel René Magritte. Mais pour un Américain, la guerre en Ukraine, c’est la guerre dans toute l’Europe. Certains artistes préfèrent dès lors reporter leur visite sur le Vieux Continent à l’année prochaine, d’autres ­hésitent et attendent de voir l’évolution du conflit. Comme le Roots & Roses se déroule au début de cette nouvelle saison des festivals, nous sommes particulièrement confrontés à des risques d’annulation en last minute.

Fort heureusement, Fred Maréchal peut compter sur une fidèle fanbase. Et même s’il a dû “monter et démonter, construire et déconstruire”, son affiche est sans doute la plus qualitative de l’histoire de son ­festival. Sur les deux scènes du site, on pourra notamment voir Giant Sand, le groupe culte de ­Tucson emmené par Howe Gelb, le duo mixte français The Limiñanas, The Black Lips, les vétérans Flamin’ Groovies, les jeunots belges Equal Idiots ou les revenants The Bellrays emmenés par la chanteuse tigresse rock/soul Lisa Kekaula.

Retour à la normale?

Pour celles et ceux qui ne sont jamais venus à ­Lessines, on rappelle que l’étiquette “roots” du festival, qui se décline pour la première fois sur deux jours avec possibilité de camping, ne vise pas seulement à souligner les styles musicaux authentiques (rock, blues, garage, americana). Il y a aussi une ­philosophie qui colle plus que jamais aux nouvelles attentes du public. Moins de fake, plus d’émotions. “Nous avons toujours privilégié un festival à taille humaine, avec des artistes de qualité qui jouent de vrais instruments dans un esprit festif.  L’été dernier, nous avions organisé une version light du festival, le Summer Roots, pour garder la dynamique et parce que les gens en avaient besoin. Les fidèles étaient là mais aussi un nouveau public. Après deux années de pandémie, on s’est rendu compte que les gens recherchent plus que jamais cet esprit “roots”. Ils veulent retrouver les vraies valeurs d’un festival. Et ça ne se limite pas à la musique, mais aussi à l’accueil, au site, aux prix demandés, à ce qu’on sert à boire (bières artisanales dans des bouteilles ­consignées) et à manger (produits locaux et circuit court).

Aujourd’hui, Fred refuse pourtant de parler de “retour à la normale”. “Il faudra sans doute encore attendre un an ou deux pour que tout se régule. On s’est aussi rendu compte que des fournisseurs ne sont plus là et que des prestataires de services ont changé de métier. Mais on veut regarder devant nous. Plus derrière.” La preuve, une semaine après le Roots, il organise ­conjointement avec le centre culturel de Lessines la première édition du Female Metal League Festival. Soit deux jours de rock qui cogne avec des groupes internationaux emmenés par des femmes. “Pas par militantisme ou par mode, mais parce qu’il y a de tas de projets féminins qu’on aime.

Roots & Roses, les 30/4 et 1/5, Lessines. www.rootsandroses.be

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