Jack White, Kate Tempest… Les sorties albums à ne pas manquer

Au programme: le premier volet du dyptique de Jack White, l'album plus sombre et mélancolique de Fontaines DC, la poésie de Kae et le retour de Tar One.

jack white
© Dave James Swanson

Jack White

Une fois n’est pas coutume, on commencera notre chronique par un potin people. Lors de la première date américaine de sa tournée Supply Chain Issues qui fera escale à Bruxelles le 16 juillet, Jack White a demandé en mariage sa copine Olivia Jean. Et celle-ci a dit “yes”. Trop bien. L’humeur de l’ex-White Stripes est donc au beau fixe au moment de délivrer “Fear Of The Dawn”, premier volet d’un diptyque, dont la suite, “Entering Heaven Alive”, est prévue en juillet. Enregistré dans son ­studio de Nashville, le disque montre cette volonté d’innover tout en gardant bien dans le mixage final les fondamentaux, à savoir une batterie spartiate et des guitares tranchantes.

Si la seconde partie du disque est la plus réussie (What’s The Trick, That Was Then, This Is Now), le début part un peu trop dans tous les sens. Q-Tip du groupe hip-hop old school A Tribe Called Quest intervient ainsi sur le loufoque Hi-De-Ho. Un bon rappeur, une bonne idée mais un mauvais morceau. Entre influences de rock progressif (le poussif Into The Twilight) et inserts électro (The White Raven), Jack place aussi une basse dub (Eosophobia), un sample de Cab ­Calloway et un autre d’une lecture de l’écrivain William S. Burroughs. Artistiquement, ça le fait, mais ça ­manque cruellement de cohérence et de bonnes ­chansons. D’après les indices laissés par White lui-même, “Entering Heaven Alive” devrait être plus acoustique.

Le 16/7. Forest National, Bruxelles.

** Fear of the Dawn. Third Man Records 

Fontaines D.C.

Troisième album en trois ans pour Fontaines D.C. et plus que jamais la confirmation qu’on tient ici l’un des meilleurs groupes rock de sa génération. Établis désormais à Londres, les garçons devenus adultes s’interrogent ici sur leur identité irlandaise et leurs désillusions. Moins punk et directe que sur “Dogrel”, la musique de Fontaines D.C. devient plus sombre, plus mélancolique aussi avec des parties de basse/guitare qui ne sont pas sans évoquer The Cure période “Pornography” (les excellents Bloomsday, I Love You, Big Shot). Excellent.

Le 30/6. Rock Werchter (complet).

*** Skinty FIA. Partisan/[PIAS]

Kae Tempest

Grian Chatten, chanteur de Fontaines D.C. pose sa voix sur le magnifique I Saw Light. Quatrième album et premier depuis le coming out non binaire de Kae (ex-Kate), “The Line Is Curve” est enrichi de ­nappes électro, de piano et de rythmiques. Cet apport donne plus de poids à la poésie de Kae qui prône le lâcher prise et l’abandon tout en lui permettant de sortir de l’ornière slam/spoken word. À noter aussi la belle collaboration avec Lianne La Havas sur No Prizes.

Le 15/7. Gent Jazz, Gand.

*** The Line Is  A Curve. Fiction/Virgin

Tar One

Quelque peu disparu des radars “au point de rater le train du néo-rap francophone” nous dit-il, le ­Verviétois Tar One revient en direct et en forme sur les plateformes avec un nouvel album de huit titres. Pandémie, Bart De Wever, le mondialisme mais aussi l’introspection et l’autodérision (l’excellent Dégoût, des doûts, Si j’avais du succès)… Les thèmes exploités par ­Thomas Raepsaet (fils de Pierre Rapsat) collent à leur époque mais sont traités avec le point de vue d’une plume expérimentée. Soyeux curieux, ça vaut le détour. Beau retour.

** Un peu de temps. Autoprod.

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