Fishbach: "Je me considère un peu comme le “discount” de la chanson française"

Après son rôle dans la série Vernon Subutex, la chanteuse française Fishbach publie “Avec les yeux”, un deuxième disque charnel qui va droit au cœur.

Fishbach
© Luka Booth

Après le succès de son premier album “À ta merci” (2017) et les 130 concerts qui ont suivi, Flora Fischbach a dû prendre le large. “J’étais vidée, lessivée, déboussolée, se rappelle l’auteure-compositrice. J’ai dû mettre de l’ordre dans ma vie privée pour retrouver tous mes sens. J’ai eu aussi la chance de tourner dans la série ­Vernon Subutex, adapté du roman de Virginie ­Despentes et ça m’a un peu mise dans un sas de décompression avant de songer à la suite.”

Cette suite s’appelle “Avec les yeux”, collection de onze chansons qui conforte Fishbach dans son rôle de ­cauchemar pour un directeur artistique. “Je me considère un peu comme le “discount” de la chanson française.” Soit la fille qu’on met dans une case fourre-tout, faute d’étiquette. “J’écris en français car c’est ma langue et que j’ai des choses à dire, mais je mixe les guitares électriques en avant à l’anglo-saxonne et j’ai des goûts qui ne sont pas avouables. Le rock reste très ancré en moi. À l’adolescence, alors que je faisais un long séjour à l’hôpital, cette musique a été ma seule planche de salut. Lors de la genèse de ce disque, j’écoutais beaucoup les Scorpions, Billy Idol, Kim Wilde, du hard rock des années 80 ou encore l’album “Love” de Patrick Juvet. Et ça s’entend sur plusieurs chansons. Je suis consciente que ce n’est pas du tout à la mode mais je m’en fous. J’avais envie de revenir avec un son et des chansons qui me correspondent.

Voilà, c’est dit et assumé. Imprévisible, la jeune femme affirme “avancer à l’instinct et de manière intuitive”. Elle répète aussi qu’elle a “de la violence pour deux”. Avec sa voix de prêtresse gothique, ses chansons deviennent souvent des incantations. Sur La foudre, elle réussit ainsi à évoquer à la fois la ­Catherine Ringer de Marcia Baïla et le Simple Minds de Don’t You (Forget About Me). Sur Presque beau, c’est la pop synthétique d’Alphaville qui ressuscite alors que l’acoustique Quitter la ville nous apprend que la dame a quitté Paris “l’agitée” pour revenir dans ses Ardennes natales pour se réveiller avec le chant des oiseaux. “Je suis retournée sur mes terres, je me suis sédentarisée dans une maison au milieu des bois. Chez certains artistes, cet isolement aurait pu donner naissance à un disque folk complètement dépressif.  Chez moi, ça a eu l’effet inverse. Être dans le silence, la solitude et une dynamique de rêve, ça a donné plus d’espace à ma musique et aux mélodies.”

Le 29/4. Nuits Botanique, Bruxelles.

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*** Avec les yeux. Entreprise

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