Red Hot Chili Peppers et les autres albums à ne pas manquer

Au programme: le retour des Red Hot Chili Peppers avec leur guitariste John Frusciante, une pépite belge et l'appel à la fête de Kungs.

Red Hot Chili Peppers
Le groupe californien sort « Unlimited Love » ce vendredi. © Warner

Red Hot Chili Peppers

Il ne faut entendre que les trois premières notes de Black Summer pour reconnaître la patte de John Frusciante. Les Red Hot sont assez malins pour avoir mis ce titre en ouverture. Comme pour nous dire qu’ils sont conscients que le retour au bercail de leur guitariste aux sautes d’humeur fréquentes (il a quitté le groupe à deux reprises) va titiller la curiosité après le faiblard “The Getaway” (2016). Et les fans de rock mainstream auront raison de prêter une oreille attentive à “Unlimited Love”.

Même s’il souffre de ses longueurs (avec dix-sept titres, il y a forcément des chansons plus faibles), ce seizième album de la formation californienne produit par Rick Rubin à Malibu est un grand cru. Sans doute ce qu’ils ont fait de mieux depuis “Stadium Arcadium” (2006). Entre funk déjanté (Here Even After), punk féroce (These Are The Ways), crétinerie pour ados retardés (Poster Child), ballade pour griller la batterie de votre smartphone (Not The One) et hymne pour secouer la tignasse (The Great Apes), “Unlimited Love” montre un groupe de vétérans qui n’a plus rien à prouver, mais sait encore s’amuser. Rien de nouveau sous le soleil californien, c’est vrai. Mais la réussite du disque vient bien de cet esprit de camaraderie retrouvé et de la grande forme de ­Frusciante. Après s’être amusé sur des projets électro confidentiels, il enfile ici les progressions jubilatoires d’accords en se montrant à son affaire dans tous les ­registres. Des chemins pop ensoleillés d’It’s Only Natural à la fusion psychédélique de The Heavy Wing (notre chanson préférée) et à l’orga­nique Tangelo qui clôture l’ouvrage, c’est lui qui mène la danse. Vivement Werchter…

Le 3/7. Rock Werchter (complet).

*** Unlimited Love. Warner

Slamino

Une nouvelle pépite belge! Aux frontières du post-rock et de l’electronica, Pablo Fleury dévoile son premier EP solo sous le pseudo Slamino. Son “Ego Trip” n’a rien de prétentieux ou de narcissique. Il s’agit plutôt d’une invitation à un voyage contemplatif nappé de couleurs mélancoliques montrant que la pandémie a laissé des traces dans le mental de son auteur. Construites autour de loops de guitare électrique et de beats hypnotiques, les six plages instrumentales évoquent inévitablement Mogwai, voire le Thom Yorke qui expérimente sur “The Eraser”. Foncez.

*** Ego Trip. Luik Records

Kungs

Inspiré de ses soirées Club Azur initiées en mode digital durant le confinement, ce deuxième album de Valentin Brunal est un appel à la fête totale. Sa décharge d’insouciance compense un manque d’originalité et l’absence de profondeur. En malaxant tubes italo-disco recyclés (Passion de The Flirts), gimmicks pour soirées au Club Med (Lipstick avec Martin Solveig) et house vintage (People), Kungs fait le job. Onze titres et 36 minutes: une bande-son estivale pour celles et ceux qui n’aiment pas se compliquer la vie. Selon l’humeur, on trouvera ça beauf ou joyeusement naïf, mais ça fera danser.

** Club Azur. Universal

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