Placebo au Botanique: grandiose, intense et intime

Le groupe anglais Placebo présentait son nouvel album "Never Let Me Go" ce mardi au Botanique à Bruxelles. Une soirée inoubliable pour les fans. Et pour les amateurs de rock.

Placebo était au Botanique ce mardi 29 mars.
Placebo était au Botanique ce mardi 29 mars.

Après Paris, Berlin et Amsterdam, Placebo se produisait ce mardi 29 mars pour le quatrième des cinq showcases intimistes de présentation de leur nouvel album " Never Let Me Go " paru une semaine plus tôt. Un cadeau comme le groupe nous l’avait promis dans une interview exclusive. Une aubaine pour les fans, ceux-ci ayant droit à une setlist que le groupe ne proposera sans doute plus sur sa prochaine tournée et dans un confort de proximité optimal.

Brian Molko peu loquace

Moustache, lunettes noires, toucher félin à la guitare, Brian Molko reste d’un magnétisme incandescent. A Bruxelles, par la grâce d’un incident technique durant l’excellent Too Many Friends, tiré de " Loud Like Love ", nous avons eu une primeur. Il a prononcé quelques mots en français et en anglais. Oui, on a eu plus de chance que nos voisins français, allemands et hollandais. Car c’est nouveau, ça vient de sortir: le chanteur charismatique de Placebo entretient le mystère et/ou le mythe de Brian Molko en refusant de parler entre les chansons. Pas un bonjour, pas un merci, rien, nada, c’est comme ça… Sacré Brian. Voilà pour l’anecdote.

Nouvelle dynamique

L’important est ailleurs. Dans la musique. Servi par un son en 3D, Placebo montre qu’il est entré dans une nouvelle ère. Les neuf (sur treize) titres interprétés de " Never Let Me Go " croisent comme jamais les guitares électriques et les programmations. Et en live, le binôme, qui est accompagné d’une claviériste/violoniste et de trois musiciens de l’ombre, défend ce répertoire avec une rare maîtrise ainsi que cette niaque jouissive du débutant. Beautiful James, Happy Birthday, Sad White Reggae et le très dur Hugz sont des tubes en puissance qui marient mélancolie, tristesse et romantisme glam. Servi en intro avec sa boucle électro hallucinante, Forever Chemicals sert de métaphore à ce renaissance que personne n’espérait plus. Placebo a aussi trouvé avec l’épique Fix Yourself une manière de quitter la scène (avant le rappel) dans un climax crépusculaire de fin du monde. Un truc parfait pour coller au mood incertain de notre époque.

Concert sans smartphone

A la gauche de Brian, l’impérial Stefan Olsdal est tout sourire. Il cogne sur sa basse comme s’il s’agissait de son premier (ou dernier) gig. Il joue de la guitare électrique, du piano (Too Many Friends, Went Missing) et a pris davantage de confiance quand il s’agit d’assurer les backing vocals. Look, jeu, attitude, taille… Brian et Stefan rappellent ici leur complémentarité et leur complicité vieilles d’un quart de siècle et ça fait plaisir à voir. Hormis leur reprise de Running Up That Hill de Kate Bush, Post Blue, le toujours impérial Protect Me From What I Want et l’incisif For What It’s Worth, Placebo a mis de côté ce mardi soir ses classiques. Mais nous n’étions pas là pour ça. Enfin, sans aucune envie de jouer les nostalgiques " d’un autre temps que les moins de vingt ans n’ont pas connu " putain, qu’est-ce que ça fait du bien un concert où les smartphones sont interdits.

Never Let Me Go, So Recordings/[PIAS].

Le 25/6, TW Classic, Werchter.

Le 8/11, Sportpaleis, Werchter.

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