Kavinsky, Cypress Hill… Les sorties albums à ne pas manquer

Au programme: le style rétro-futuriste de Kavinsky, la renaissance de Cascadeur, le retour enfumé de Cypress Hill et la singulière Nilüfer Yanya.

Kavinsky
Kavinsky. © André Chemetoff

Kavinsky

DJ, producteur et comédien (notamment dans Ultranova de Bouli Lanners), Vincent ­Belorgey est surtout connu pour avoir signé la ballade Nightcall, tube french touch qui avait notamment sublimé le soundtrack du cultissime Drive (2011), le thriller nocturne de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling. Depuis son album “OutRun” (2013), le Parisien est resté discret, ne revenant dans les radars que pour une collaboration avec The Weeknd, quelques sons glissés dans des publicités ou encore quelques remixes alimentaires… Il signe enfin son grand retour avec “Reborn”, collection de douze plages rétrofuturistes, qui reprend l’histoire que nous avions quittée avec “OutRun”.

Lunettes noires, gants en cuir, blouson rouge, barbe soignée de trois jours, Vincent/Kavinsky retrouve en effet les traits de son héros fictif. Soit un jeune homme tué au volant de sa Ferrari Testarossa qui réapparaît en zombie dans un monde dark de chez dark. Musicalement, Kavinsky rappelle son amour pour les synthés vintage, les trames synthétiques à la John Carpenter, voire les nappes eigthies qu’on entendait dans les séries Magnum ou Miami Vice avec tout ce que cela sous-entend de saxo mélancolique, de voix sensuelles et de piano suave. Goodbye ou Renegade (dont le clip a été tourné à Kiev voici quelques mois) illustrent le mieux cette démarche. Naviguant entre ambiances sombres (Outsider), touches dansantes (Cameo) et moments plus épiques (Trigger), Kavinsky a le mérite de penser encore en termes de format “album conceptuel” là où tant d’autres producteurs électro pissent de la copie sans réfléchir sur la longueur.

*** Reborn. Universal

Cascadeur

Alexandre Longo, alias Cascadeur, ajoute à son casque étoilé une cape de super-héros qui lui permet de voler. Trop cool. Tout en apesanteur et en mélancolie, son quatrième album convie claviers, piano, chant en anglais et en français pour un récit où le rêve se fond dans la réalité. Jamais loin du néoclassique et des B.O. (il avait signé celle de la série Lupin sur Netflix), Longo dévoile sa part d’enfance sur de jolis textes (Young, Rapace, Nuit). En cerise sur le gâteau, Wanted, avec Stuart A. Staples des Tindersticks.

Le 3/6, Botanique, Bruxelles.

*** Revenant. Universal

Cypress Hill

Trente et un ans après leur premier album, les vétérans latino-américains de la West Coast enfoncent le clou. Le gang reprend ses vieilles casseroles (flow sec, samples percutants, scratches, sirènes de cops; parfum de weed) mais reste au taquet pour observer le monde d’aujourd’hui. Particulièrement remontés, B-Real et Sen Dog évoquent les inégalités, les violences policières et une nouvelle conscience héritée du ­mouvement Black Lives Matter sur dix brûlots. Pas de featuring avec Rosalia ou Justin Bieber ici, juste du hip-hop de la street sans concession.

*** Back In Black. MNRK

Nilüfer Yanya

Révélée avec “Miss Universe” en 2019, la jeune Londonienne affirme toute la singularité de son projet artistique sur “Painless”. Explorant un territoire peu visité, quelque part aux confins de la nu-soul et du rock indie, Nilüfer Yanya assume sa vulnérabilité dans des textes introspectifs mis en lumière par des arrangements soignés. De l’électro discrète de The Dealer aux arpèges acoustiques de Shameless en passant par les gui­tares post-grungy de Stabilise, son disque offre un voyage aussi intense que contrasté.

Le 30/3, Botanique, Bruxelles.

*** Painless. Ato Records

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