Kiev, capitale des clips musicaux

L’Ukraine est une grande source d’inspiration pour les artistes. La guerre pourrait impacter la culture mondiale. Kiev est notamment très convoitée pour la réalisation de clips.

Orelsan dans le clip
© Capture d’écran / OrelSan – Basique

L’Ukraine est méconnaissable depuis que la Russie bombarde ses villes. Un conflit aux conséquences multiples et avant tout humanitaires. Le milieu audiovisuel pourrait également être impacté. Kiev est très prisée pour des tournages de publicités, films et clips.

L’emblématique pont Podilskyi

Sans même s’en apercevoir, l’Ukraine est souvent sous nos yeux. La star de Kiev est le pont Podilskyi. Un pont en éternelle construction surplombant le fleuve Dniepr. " Basique " d’Orelsan lui consacre un clip entier en plan séquence. Une carte de visite aux 96 millions de vues.

La pop s’est également emparée de ce pont. A l’image du tube " Nothing Breaks Like a Heart " de Mark Ronson et Miley Cyrus. Plus récemment, en février 2022, la chanteuse espagnole Rosalía a également jeté son dévolu sur ce décor avec le clip de " Saoko ".

Des musiques qui résonnent différemment aujourd’hui

Orelsan semble particulièrement affectionner Kiev. " Tout va bien " a également été tourné dans la capitale ukrainienne. La portée de ses paroles prennent une autre dimension dans le contexte actuel. Dans cette chanson, le rappeur français explique à un enfant les aléas de la vie. Le tout avec naïveté, en fermant les yeux sur les conséquences réelles de nos actes. " Si les Hommes se tirent dessus, c’est qu’y’a des vaccins dans les balles / Et, si les bâtiments explosent, c’est pour fabriquer des étoiles / Et si, un jour, ils ont disparu, c’est qu’ils s’amusaient tellement bien / Qu’ils sont partis loin faire une ronde, tous en treillis, main dans la main. "

En 2010 et dans un autre registre, le groupe Tame Impala transforme Kiev en champ de bataille dans " Solitude Is Bliss ". Le chanteur s’avance sur une route où les voitures brûlent et les cadavres jonchent le sol. Un clip prophétique.

L’Ukraine, décors et savoir-faire inspirants

L’esthétique post-soviétique joue clairement en la faveur de l’Ukraine. Une architecture brute où le béton est roi. Un cadre industriel hors du temps idéal pour des réalisations dystopiques ou apocalyptiques.

Mais l’Ukraine c’est aussi une invention technique répandue dans le cinéma. En 2007, l’ukrainien Anatoliy Kokush est récompensé par deux Oscars dans la catégorie des prix scientifiques et d’ingénierie. Il est l’inventeur du " Russian Arm " (bras russe). Cocasse comme nom. Il s’agit d’une grue permettant de réaliser des travellings aériens et utilisée dans un nombre incalculable de projets audiovisuels dont des blockbusters tels que Titanic.

La guerre contraint la machine à clips qu’est l’Ukraine à se mettre à l’arrêt. Elle n’attend qu’une chose: pouvoir se remettre en marche. A moins que les dégâts ne l’en empêchent.

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