Keren Ann, cinquième corde d’un quatuor

Keren Ann, qui se produit le 23 mars à La Louvière, réinvente son répertoire avec le Quatuor Debussy. Intrigant et étonnant.

Keren Ann
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Là où d’autres se contenteraient d’un best of ou d’un box récapitulatif, Keren Ann convie le Quatuor Debussy sur son nouvel album pour célébrer vingt ans de songwriting dans une version inédite et réarrangée de son répertoire. “Nous avions préparé avec le Quatuor Debussy un concert ­unique en 2017 à la chapelle de la Trinité à Lyon, ­explique-t-elle. Nous avons reçu d’autres propositions de live et puis nous avons décidé de laisser une trace phy­sique de cette collaboration. L’idée était d’enregistrer “à l’ancienne” dans des conditions live: le quatuor à cordes, ma voix, ma guitare – dans la même pièce avec des micros autour de nous. Nous avons pris un titre de chacun de mes huit albums solo et ajouté deux chansons que nous jouons d’habitude sur scène.

Croisant folk, chanson traditionnelle et pop, cet enregistrement joue la carte de la sobriété tout en donnant de l’espace aux instruments à cordes. Que n’ai-je?, You Have It All Lose qui prend ici la forme d’une ballade, L’illusionniste ou encore Faire des ronds dans l’eau ­révèlent ici de nouveaux éclats, tout comme l’immense Jardin d’hiver composé par Keren Ann et Benjamin Biolay pour Henri Salvador. “Cette chanson a eu une belle vie. Elle a pris tout son sens dans la voix d’Henri Salvador. Je l’avais aussi enregistrée pour mon premier album et elle a été traduite dans plusieurs ­langues. Nous l’interprétons régulièrement sur scène dans ce nouvel arrangement, ce n’est pas comme si je la redécouvrais.

Autodidacte passionnée par le songwriting de Bob Dylan, de Leonard Cohen et de Bruce Springsteen, Keren Ann s’est passionnée pour les orchestrations vers l’âge de 25-26 ans. “Je m’intéressais de plus en plus aux instruments classiques. Je me rendais compte que, pour mieux en mesurer les capacités d’expression, il me fallait apprendre à les maîtriser. Mon approche de ­profane autodidacte et ma volonté de rester dans une ­formule refrain/couplet m’ont permis de créer un son et un terrain de jeu qui me sont propres. Quand je regarde dans le rétro, je me dis que les vingt ans qui séparent mon premier album de ce projet avec le Quatuor Debussy sont passés vite. Vingt ans, ce n’est pas si long. J’espère avoir encore plein de choses à explorer sur un plan sonore, visuel et tactique.

*** Keren Ann & Quatuor Debussy. Naïve/[PIAS] 

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