Charlotte Adigéry & Bolis Pupul: révolution sur le dancefloor (vidéo)

Avec l’euphorique “Topical Dancer”, le binôme gantois donne une conscience à la musique électro. Gros buzz.

Charlotte Adigéry et Bolis Pupul
© Camille Vivier

J’ai rencontré Charlotte en 2016, explique le DJ-producteur Bolis Pupul. Nous devions participer à Amsterdam à une avant-première du film ­Belgica (le film de Felix Van Groeningen – NDLR). On était tous les deux sur le soundtrack mais on ne se connaissait pas. On a parlé durant le trajet – de musique, de nos origines, de nos passions, de la vie. C’est ce jour-là qu’on s’est rendu compte que nous pourrions facilement faire de la musique ensemble.” Six ans plus tard, paraît leur premier album “Topical Dancer”. Le disque sort sur Deewee Records, label des frères Dewaele (Soulwax, 2 Many DJ’s) qui avaient déjà orchestré la B.O. de Belgica. “Topical Dancer” est une pépite rare. Divertissante et remuante, la musique du binôme est destinée au dancefloor. Il y a du gros beat mais pas que… On trouve des influences jazz, du funk rythmé par une vraie basse et une démarche “do it yourself” héritée de la punk attitude. Charlotte cite d’ailleurs The Slits comme influence, et Bolis confirme que leur titre Making Sense Stop est un clin d’œil assumé aux Talking Heads.

Leurs chansons parlent du racisme au quotidien. Blenda débute par la punchline “Retourne dans ton pays”. Une insulte que Charlotte, d’origine guadeloupéenne et Bolis, qui a des racines chinoises, ont souvent entendue dans les rues de Gand. Le duo pointe la misogynie (Hey, It Hit Me), les réflexes post-colonialistes (Esperanto) et se moque des codes de la pop sur l’énorme Ceci n’est pas un cliché. Sous une esthétique léchée, Charlotte et Bolis touchent par leur bienveillance honnête et une ironie piquante mais jamais méchante. “On se retrouve dans Kraftwerk, Mr Oizo ou The Residents qui font de la musique sérieusement sans se prendre au sérieux.” Comme c’est le cas de leurs chansons, le modus operandi de Charlotte et de Bolis abolit toute notion de frontière. “Bolis est meilleur producteur que moi, explique Charlotte, mais je compose et joue des instruments sur l’album. De son côté, il chante et participe aussi à l’écriture. Les rôles ne sont pas distribués et rien n’est figé. Secrètement, on espère que les futures générations qui écouteront ce disque y trouveront une photographie exacte des années 2020.

Le 20/4, Ancienne Belgique.

*** Topical Dancer. Deewee Records

Sur le même sujet
Plus d'actualité