Mary J. Blige, The Lemonheads… Les sorties albums à ne pas manquer

Au programme: le retour de Mary J. Blige, l'anniversaire des Lemonheads, le clair-obscur de Mitski et le son improbable d'un nouveau groupe belge.

Mary J. Blige
Mary J. Blige au SuperBowl © BelgaImage

The Lemonheads

Si ce trio de copains formé à l’aube des nineties s’était rencontré à Seattle, on l’aurait rangé dans la catégorie grunge. Mais voilà, son leader à la gueule d’ange, Evan Dando, et ses deux comparses viennent de Boston, une ville où on est assimilé à l’indie rock et à ses dieux locaux, The Pixies, dès qu’on touche à une guitare électrique. Et il se trouve que The Lemonheads adorent les guitares électriques, mais aussi les mélodies pop, les structures couplet/refrain et ce son alternatif typique des héros de sa ville.

Avec son quatrième album “It’s A Shame About Ray”, réédité aujourd’hui pour son trentième anniversaire et rejoué dans son intégralité au cours d’une tournée qui passera par l’Ancienne Belgique au printemps, le trio est à son sommet. Sur des titres qui tournent autour des trois minutes, Evan Dando chronique son quotidien de loser (Rudderless), le divorce de ses parents (Confetti) ou la défonce (My Drug Buddy). Il ose aussi des accords country/folk (Hanna & Gabi), des chœurs à la Beach Boys (Kitchen) ou encore une reprise survitaminée de Mrs Robinson, que Paul Simon dit détester, boostant ainsi ce single dans toutes les “colleges radios”. Encore aujourd’hui, “It’s A Shame About Ray” et sa pochette iconique figurent dans toutes les listes des “100 albums indie rock à écouter” et force est de constater qu’il garde toujours son urgence. Comme il se doit, la réédition est accompagnée de démos et de versions acoustiques.

Le 16/5, Ancienne Belgique, Bruxelles

*** It’s A Shame About Ray (30th anniversary). Fire Records/Konkurrrent

Mary J. Blige

Seule femme à prester avec la crème old school à la mi-temps du Super Bowl avec un Family Affair de folie, Mary J. Blige a rappelé qu’elle restait la Queen. Trente ans après “What’s The 411”, elle impressionne toujours sur “Good Morning Gorgeous”. Son timbre juste et son expérience permettent un point de vue réfléchi sur le business, le pouvoir de l’argent (Rent Money) et les déceptions sentimentales (Love Will Never). Côté tubes, la ballade néojazz Here With Me avec Anderson. Paak et le dancefloor Amazing avec DJ Khaled vont la replacer au sommet. Superbe.

*** Good Morning Gorgeous. Warner

Mitski

Grosse attraction des Nuits Botanique, l’autrice et interprète mericano-japonaise publie un 6e album en clair-obscur. Quelque part entre la Annie Clark des années 80 et Beth Gibbons de Portishead pour le timbre vaporeux, Mitski alterne ballades dream pop très sombres et tubes synthétiques (The Only Heartbreaker). C’est lorsqu’elle expérimente avec ses claviers vintage et décline ses textes torturés sur des mélodies atypiques qu’elle montre toute sa singularité. Un phénomène chez les ados avec une musique que les parents comprendront.

Le 30/4, Nuits Botanique (complet)

*** Laurel Hell. Dead Oceans

Hun Hun

Deux frangins bruxellois (Jimmy et Noé Moens) signés sur un label indépendant de Washington avec un album essentiellement instrumental sur lequel on trouve des samples de séries B turques…. Au-delà de son caractère improbable, la proposition du duo Hun Hun séduit surtout par sa richesse musicale. Croisant synthés vintage, percussions orientales, soundtracks imaginaires mais aussi une vraie envie de trance, ce premier album est une invitation à l’évasion qui évite la carte postale et l’approche prétentieuse. Les fans d’Altin Gün et de Phoenician Drive apprécieront.

Y Bab Adöy. Lurid Music

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