Beach House, Eels… Les sorties albums qu’il ne fallait pas manquer

Au programme: Beach House boosté par Tik Tok, le virage pop de Metronomy, le retour aux sources de Eels ou encore Trentemøller au sommet de sa forme.

Beach House
Beach House. © David Belisle

Beach House

C’est un miracle que personne n’a vu venir. En pleine pandémie, Space Song, chanson d’une profonde mélancolie enregistrée en 2015 sur le cinquième album de Beach House “Depression Cherry”, a fait l’objet de nombreuses relectures et de partages sur le réseau social TikTok. Résultat: le titre, que tout le monde avait oublié, dépasse aujourd’hui les 100 millions de streams sur Spotify et le duo vétéran de Baltimore se retrouve boosté sur toutes les playlists. S’adaptant à cette nouvelle fanbase et à son mode de consommation de musique, Victoria Legrand (nièce du compositeur de Michel Legrand) et Alex Scally ont dévoilé l’ambitieux “Once Twice Melody” (dix-huit morceaux) en trois salves d’EP avant l’atterrissage final en digital ce 18 février. Le (double) vinyle et la version CD sont prévus pour avril. Galvanisé par ce regain d’intérêt, Beach House se sublime ici en dépoussiérant sa dream pop. La voix éthérée de Victoria est mixée en avant, les synthés vintage s’en donnent à cœur joie (Superstar, Masquerade, Modern Love Stories, Many  Nights), les refrains réinventent la notion de “beauté triste” et la production, assurée par Alan Moulder (Foals, Arctic Monkeys, Depeche Mode), convie en parfaite harmonie guitares, basse et ensemble. Bref, il y a de la matière pour nourrir les B.O. de toutes les séries teens à venir sur Netflix. Leur meilleur album depuis “Teen Dream” (2010) et le début d’une seconde vie.

Le 28/5, Roma, Anvers. Le 30/5, Ancienne Belgique, Bruxelles.

*** Once Twice Melody. Bella Union/[PIAS]

Metronomy

Dans le petit monde de la formation originaire du Devon, il y a du soleil, de l’amour et plein de bons sentiments. Joe Mount, leader de Metronomy, garde le moral et soigne son écriture sur ce septième album plus organique que les ­précédents. Des mélodies entraînantes ­traversées de piano (Love Factory, It’s Good To Be Back, Hold Me Tonight), un hommage à The Cure qui frôle le plagiat (Hold Me Tonight), une ballade ­crépusculaire en clôture (I Have Seen Enough)… Metronomy n’est plus le truc électro “du moment”, mais son virage radicalement pop est réussi. Top.

*** Small World. Because/Virgin

Eels

Mark Oliver Everett, alias “E”, retrouve la niaque en même temps qu’il reprend sa collaboration avec John Parish (PJ Harvey) entamée sur “Souljacker” voici vingt ans. Le son est crade, les refrains sont malmenés et les guitares sortent de partout des chansons à forte dominante blues/rock, à l’instar du poisseux Steam Engine qui évoque ZZ Top. C’est dire… Alors qu’on l’a souvent connu dépressif, le gaillard nous prédit des nuits (et des jours) meilleurs sur l’enragé Good Night On Earth. Message reçu cinq sur cinq.

Le 7/4, Forest National, Bruxelles.

*** Extreme Witchcraft. E Works/[PIAS] 

Trentemøller

Le producteur et compositeur danois offre une envoûtante synthèse d’électro, de pop et de rock sur ce sixième album. Le timbre de la vocaliste Lisbet Fritze émeut sur les chansons dream pop Veile Of White et No More Kissing In The Rain. On se laisse aussi enivrer par les moments plus cinématiques de “Memoria” (A Summer’s Empty Room), les guitares rock d’All To Soon et par la beauté sombre de Dead Or Alive dont la ligne de basse oppressante rappellera de bons ­souvenirs aux fans de Bauhaus. Trentemøller au sommet de sa forme.

*** Memoria. In My Room/N.E.W.S. 

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