Eddie Vedder, Bastille… Les sorties albums à ne pas manquer

Eddie Vedder invite du beau monde sur son nouvel album et Sofiane Pamart se la joue romantique pendant que Bastille confirme son statut de groupe pop que l'on adore détester.

Eddie Vedder
Eddie Vedder. © Danny Clinch

Eddie Vedder

Avec ses deux premiers disques en solo (le soundtrack “Into The Wild” en 2007 et “Ukulele Sessions” en 2001), Eddie Vedder avait joué la carte de l’intimité et du dépouillement acoustique. Avec “Earthling”, il mise sur la diversité et se fait plaisir en attendant de repartir sur les routes avec son groupe Pearl Jam qu’on attend toujours à Werchter le 30 juin prochain.

Côté invités, il y a du beau monde. Elton John est présent sur un duo assez faible (Picture), Ringo Starr réussit à faire sonner Mrs. Mills comme une chute de “Sgt. Peppers”, on entend l’harmonica de Stevie Wonder sur Try et la batterie de Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) un peu partout. Eddie Vedder, 57 ans, fait aussi chanter sa fille Olivia sur Long Way, sample son père et rend un bel hommage à son frère disparu sur Brother The Cloud, sommet du disque. Mais ce qu’on apprécie par-dessus tout, c’est sa capacité à émouvoir sur de puissantes ­ballades americana ou bluegrass (Fallout Today, The Haves), tout en restant crédible sur des chansons rock/grungy rappelant les débuts de Pearl Jam (les vindicatifs Good And Evil et Rose Of Jericho). Il a aussi l’intelligence et la décence de nous ­épargner ses états d’âme sur la pandémie. Un grand artiste.

Le 30/6, Rock Werchter (avec Pearl Jam).

*** Earthling. Seattle Surf/Republic Records/Universal

Bastille

La formation londonienne demande le futur mais rend surtout hommage à l’hédonisme des années 80 sur ce disque. Un peu de Sting période Police (Give Me The Future), un hommage à Keith Haring (Club 57), un autre au road-movie féministe de Ridley Scott (Thelma + Louise) et une pop façon United Colors Of Benetton qui lorgne de plus en plus du côté de Coldplay (le single et candidat au tube de l’été Shut Off The Lights). Avec ce quatrième album, Bastille confirme ce statut de groupe pop qu’on adore détester mais dont on fredonne toutes les mélodies.

** Give Me The Future. Universal

Sofiane Pamart

D’Arno à JoeyStarr, on ne compte plus les artistes qui ont sollicité Sofiane Pamart. On comprend. Dans le top 10 des artistes classiques les plus streamés, le pianiste français n’a pas peur de s’aventurer loin du répertoire traditionnel et fait souffler un vent de fraîcheur. Écrite en Asie, cette “Lettre” vogue entre grande ­musique, néoclassique et soundtrack imaginaire. Dix-huit morceaux où l’artiste montre son sens mélo­dique ainsi qu’un romantisme profond. Le ­garçon va remplir l’Accor Bercy Arena de Paris l’automne prochain, c’est dingue, non?

*** Lettre. [PIAS]

Miles Kane

L’ex-Last Shadow Puppets (duo qu’il avait fondé avec son pote Alex Turner des Arctic Monkeys) fait toujours une fixation sur les années 60 et 70. Pop ­vintage, northern soul, ballades cuivrées de dandy sont au menu de ce quatrième disque. Il y a de beaux moments (le glam rock Change The Show, le très Beach Boys Coming Of Age, le duo Nothing’s Ever Gonna Be Good Enough avec Corinne Bailey Rae), ça reste toujours d’une grande classe, mais l’effet de surprise a ­complètement disparu. Trop de nostalgie tue la nostalgie. Réveille-toi, Miles.

** Change The Show. BMG

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