Black Country New Road, Cate Le Bon… Les sorties albums à ne pas manquer

Révélation de l’année 2021, Black Country New Road enfonce le clou avec l’ovni “Ants From Up There”, pendant que Gaëtan Streel se métamorphose et Cate Le Bon nous balance du spleen.

Black Country New Road
© Rosie Foster

Black Country New Road

Moustique avait fait de “For The First Time”, premier long format de Black Country New Road, son album de l’année 2021. Douze mois après sa parution, ses sept jeunes auteur·e·s (trois filles, quatre mecs) signent le magistral “Ant From Up There”. “Nous sommes vraiment chanceux, déclare Luke Mark, le guitariste. Ces douze derniers mois, nous n’avons connu que des moments euphoriques. Notre premier album, les concerts, le bouche-à-oreille qui nous a permis d’élargir notre public, l’inspiration pour écrire de nouveaux morceaux. Malgré la pandémie, on a eu le parcours idéal.”

Enregistré sur l’île de Wight en trois semaines, “Ant From Up There” n’est pas un copier-coller de “For The First Time”. Si on retrouve mélange atypique de néofolk, de rock indie et de klezmer (la musique traditionnelle des Juifs d’Europe centrale), la formation anglaise montre aussi plus de cohésion dans le son. L’euphorique Chaos Space Marine montre ainsi qu’on peut créer une musique audacieuse tout en restant accessible. “Quand on l’a testé en concert, notamment au Botanique, c’était le morceau qui suscitait le plus de réactions. Entre nous, on appelle ça notre hit pop”, souligne le batteur Charlie. Le mélancolique The Place Where He Inserted The Blade trouve, pour sa part, son inspiration chez Bob Dylan. Il y a aussi des instrumentaux très courts (Intro) et des morceaux épiques basés sur des improvisations (Haldern, Basketball Shoes). On reste ébahis par leur maîtrise, surtout si on tient compte de la jeunesse du groupe. “Sept multi-instrumentistes qui ont des influences différentes, ça donne des centaines d’idées et des heures de discussions. Mais quand on joue ensemble, ça débouche sur un résultat qui a du sens et nous définit parfaitement.” Autant vous prévenir, vous n’entendrez rien de pareil cette année.

**** Ants From Up There. Ninja Tune/[PIAS]

Cate Le Bon

Productrice pour Deerhunter et le prochain Devendra Banhart, récente collaboratrice de John Cale, la Galloise Cate Le Bon poursuit aussi une carrière solo aventureuse. Voix mixée en avant, mélange de synthés et d’instruments organiques (le saxophone sur French Boys), minimalisme, refrains éthérés… Ce sixième album bercé de spleen réussit à coller parfaitement au “mood” du moment tout en nous plongeant dans une électropop/new wave qui évoque un croisement entre Thomas Dolby, Japan et le Eurythmics des débuts. Élégant de bout en bout.

*** Pompeii. Mexican Summer

Gaëtan Streel

Figure bien connue et bienveillante de notre scène, Gaëtan Streel se métamorphose sur son troisième album solo. Le passage de l’anglais au français recentre le propos et souligne sa volonté de se montrer tel qu’il est: entier, avec ses rêves et ses failles. Les amours pop/rock sont toujours là (Demain, Toi, Là-bas!), mais il évoque aussi le modernisme romantique de Julien Doré (À moins que ce ne soit l’hiver, À l’encre de Chine) et nous fait danser sur des sonorités new wave minimalistes sur l’excellent Miracles. Jérôme Mardaga et Oliver Cox l’accompagneront sur scène en trio. Joli.

** Demain. MMM Production

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