Polémiques autour des Victoires de la Musique

Des nominés exclusivement blancs (à une exception), la scène urbaine sous-représentée... L’édition 2022 des Victoires de la Musique sous le feu des critiques.

Aya Nakamura à la 36e édition des Victoires de la Musique
Aya Nakamura, unique artiste non-banche nominée à la 37e cérémonie des Victoires de la Musique / © Belga Image

Le rendez-vous annuel des Victoires de la musique se tiendra le 11 février prochain. Une cérémonie censée récompenser la crème de la musique francophone. Mais elle semble faire l’impasse sur une partie importante de celles et ceux qui font tourner l’industrie musicale.

Aya Nakamura, unique artiste non-banche

Présents dans quatre catégories chacun, Orelsan et Clara Luciani dominent les nominations de la 37e édition des Victoires de la Musique. A côté d’eux, on retrouve Julien Doré, Hoshi ou encore Angèle. Tous les nominés ont un point commun: ils sont blancs. " Aya Nakamura est la seule non-blanche qui y figure. Cette dernière n’a pas été choisie par le jury mais bien par le public pour le prix de ‘l’album le plus streamé’ ", explique un visuel partagé par la journaliste Rokhaya Diallo. La sélection d’artistes (presque) exclusivement blancs est consternante. Où sont passés les GIMS, Soprano et Ninho, autres grands noms de la musique française?

Les artistes " urbains " (presque) oubliés

Comme souvent, la musique dite " urbaine " se fraie une timide place dans cette cérémonie. Pourtant son succès, et celui du rap particulièrement, est colossal. Il domine souvent les ventes d’albums, notamment grâce au streaming. Son apport à l’industrie musical n’est pas à prendre à la légère. Mais sa représentation aux Victoires reste marginale. Orelsan, rappeur devenu pop star, devient l’égérie de cette scène. SCH et Aya Nakamura sont, quant à eux, sûrs de repartir avec le prix de l’album le plus streamé. Une fausse reconnaissance? " Ces deux récompenses sont les seules qui n’ont pas fait l’objet d’un choix ou d’un vote (…) On reconnaît leur impact (celui des artistes, ndlr), mais on n’est encore pas prêt à les élever comme producteurs d’une musique francophone de qualité ", affirme le média Yard qui dénonce " une catégorie purement mathématique qui n’a aucun poids d’estime ".

Parmi les artistes " urbains ", l’incontournable Grand Corps Malade. Il est l’un des plus grands vendeurs de l’année écoulée. Cela n’a pas empêché les organisateurs de le snober. " Après l’année qu’on a faite, on est dans les meilleures ventes d’albums. On a une tournée, qu’on a déjà démarrée. On a plus de quarante Zénith, un Bercy d’ouvert. C’est vrai que c’est un peu notre année. Cette année-là, d’être complètement absent, de ne même pas être nommé dans aucune catégorie, on était déçu, c’est vrai ", a confié le slammeur sur Europe 1.

Les Victoires de la Musique n’en sont pas à leur première polémique. Mais il est grand temps que la cérémonie vive avec son temps. Le risque de boycott n’est jamais très loin comme l’ont connu les Golden Globes cette année.

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