Miossec rejoue son album culte Boire: "ça a plutôt bien vieilli"

À Mons et à Bruxelles, le Brestois rejoue sur scène l’intégralité de son premier album “Boire” paru il y a vingt-cinq ans.

Miossec
© Yann Orhan

Le but de ce disque, c’était de me sauver socialement”, explique Christophe Miossec en évoquant son premier album “Boire” qu’il rejouera dans son intégralité le 3 décembre à Mons et le 7 à Bruxelles. Quand “Boire” sort en 1995, son auteur va avoir 30  ans. “J’avais eu un groupe et d’autres projets, mais ça n’avait pas dépassé ma ville de Brest. Je me sentais hors du cadre. Je me disais que c’était ma dernière chance de faire un métier de chanteur. Si ça n’avait pas marché, je n’aurais plus insisté.” Paru sur le label belge [PIAS], “Boire” fait figure d’ovni au point qu’on lui accole alors, faute de mieux, l’étiquette “nouvelle chanson française” qui ­servira aussi pour Dominique A et Thomas Fersen.

Enfant du rock, Miossec écrit des textes rugueux en français, se moquant des pieds comme des rimes. Il chante l’alcool, l’amour, la société, reprend même La fille à qui je pense de Johnny Hallyday (“Il était ringard pour la presse spécialisée, mais je m’en foutais, je savais recon­naître une bonne chanson dans le répertoire de Johnny ou de Dalida”). Sur le disque, on entend deux guitares sèches qui se livrent à un duel, une basse et une grosse caisse. “Quand le producteur Gilles ­Martin a entendu les maquettes, il a dit qu’il ne voulait rien changer. C’est lui qui a bataillé pour garder ce son. S’il avait renoncé, “Boire” serait devenu un disque mainstream que tout le monde aurait oublié.”

“Boire” tire son nom de l’album “Drunk” que l’écorché vif américain Vic Chesnutt avait publié un an plus tôt. “J’avais le titre avant de terminer mon disque et puis je me suis rendu compte que ça collait bien car toutes les chansons ­parlaient de boisson. On a joué avec ­Dominique A et Vic ­Chesnutt lors de la tournée française Les ­Inrockupibles en 1995. Des bons souvenirs.” Miossec dit ­prendre du plaisir à rejouer l’intégralité de son premier album. Il évoque “un sentiment d’utilité et des chansons qui ont subsisté dans une industrie où tout est appelé à disparaître très vite. Ça peut être pathé­tique et consternant de jouer des chansons créées il y a vingt-cinq ans, mais ça a plutôt bien vieilli. Pour quelles raisons? Je ne sais pas. Mon style d’écriture n’était pas nouveau en soi, mais “Boire” racontait peut-être les choses de manière originale et avec un son différent”.

Le 3/12. Théâtre Le Manège, Mons
Le 7/12. La Madeleine, Bruxelles

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