Vitalic: Électro résistance

Le producteur français revient aux fondamentaux avec “Dissidænce”.

Vitalic: Électro résistance
@ Yann Rabanier

« Nous ne nous arrêterons pas, nous ne pouvons pas arrêter!” Scandé come un slogan, le refrain de Rave Against The System en dit long sur la ­niaque de Vitalic qui célèbre ses vingt ans de loyaux services rendus à une électro toujours défricheuse. “Ce morceau tiré de mon nouvel album, c’est un acte politique, précise le DJ/producteur dijonnais. Quand le monde de la nuit a été mis sous cloche à cause de la pandémie, j’ai ressenti le même malaise que lorsqu’on interdisait les raves en France ou en Angleterre dans les années nonante.” Après la parenthèse Kompromat, son duo avec Rebeka Warrior (Sexy Sushi) qui rendait hommage à l’électro body music allemande, Vitalic décline ce cinquième disque solo en deux phases. Sur l’épi­sode 1 de “Dissidænce” (le second est attendu pour février), les sonorités sont brutes à l’instar de l’implacable Haute Definition qui rappelle son amour des sonorités industrielles et du Depeche Mode dark de “Black Celebration”. Il y a une urgence dans les beats (Carbonized) et l’invitation à prendre d’assaut le dancefloor est frontale (Danse avec moi avec son chant androgyne en français). Mais Vitalic sait aussi varier les plaisirs. Né d’une discussion avec son fils, Boomer OK prône la réconciliation des générations. “Il me traite de “vieux” ou de “boomer”, mais il écoute exactement la même musique que celle qui me touchait quand j’avais son âge.” On adore aussi Lost Time, plage ambient qualifiée par son auteur d’”accident heureux né en improvisant sur un synthé entre deux fulgurances techno”. Un retour en force.

DissiDÆnce, Épisode 1, Vitalic Citizen Records

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