Eurovision: la Belgique finaliste mais peut-elle gagner?

Même si elle a pu passer l’épreuve de la demi-finale, la Belgique aura a priori du mal à s’imposer ce samedi.

Hooverphonic lors de la demi-finale de l'Eurovision 2021, le mardi 18 mai 2021 @BelgaImage

Grand soulagement ce mardi soir pour Hooverphonic: le groupe, représentant la Belgique à l’Eurovision, a réussi à se qualifier pour la finale du 22 mai. Depuis Blanche en 2017, aucun candidat belge n’avait réussi à arriver jusque-là. Mais est-ce qu’Hooverphonic a autant brillé que la chanteuse bruxelloise lors de la demi-finale? Impossible de le savoir. Le jury a fait le choix cette année de ne divulguer que les noms des qualifiés pour la finale, annoncés dans un ordre aléatoire, sans révéler le nombre de points récoltés par chacun. Pour estimer les chances de la Belgique samedi soir, il faut donc toujours compter sur le seul avis des bookmakers pour en juger. Même s’ils ne sont pas à l’abri d’une erreur de pronostic, ils ne donnent pas la Belgique gagnante de l’Eurovision, loin de là.

Moins de 1% de chance de voir la Belgique l’emporter!

Pendant des semaines, le favori des parieurs, c’était Malte (représentée par Destiny et sa chanson anglophone titrée en français «Je me casse»). Elle était suivie par la France (Barbara Pravi, «Voilà»), la Suisse (Gjon’s Tears, «Tout l’univers») et l’Italie (Måneskin, «Zitti e buoni»). La Belgique tournait alors aux alentours de la 20e place, loin derrière.

Depuis, le classement a un peu changé. C’est maintenant l’Italie qui est en tête, suivie de la France qui s’accroche à la deuxième marche du podium. Malte tombe à la 3e position et la Suisse s’est effondrée à la 7e place. Quant à la Belgique, sa victoire d’hier n’a rien changé: elle est toujours 20e. Si on traduit ça en pourcentage de chance de l’emporter, l’Italie en a 23%, la France 19%, Malte 18% et la Belgique… moins d’1%.

Des bookmakers moyennement fiables

L’affaire semble donc mal partie pour Hooverphonic. Mais est-ce que l’on peut vraiment se fier aux prévisions des bookmakers? Oui et non. Si on se penche sur leurs pronostics lors des dix dernières éditions de l’Eurovision, ils ont deviné le gagnant la moitié du temps. Cela a été le cas en 2010 (avec Lena, représentante de l’Allemagne), 2012 (Loreen, pour la Suède), 2013 (Emmilie de Forest, pour le Danemark), 2015 (Måns Zelmerlöw, à nouveau pour la Suède), et 2019 (Duncan Laurence, pour les Pays-Bas).

Pour les cinq autres années, certes, ils se sont trompés, mais pas de beaucoup. Lors de trois éditions, c’est le deuxième du classement des bookmakers qui l’a emporté : en 2014 (avec Conchita Wurst, pour l’Autriche), 2017 (Salvador Sobral, pour le Portugal) et 2018 (Netta, pour Israël). En 2016, l’Ukraïne, troisième chez les parieurs, a remporté l’Eurovision avec Jamala. Et enfin, en 2011, l’Azerbaïdjan a surpris en gagnant le concours alors qu’elle n’était que quatrième chez les bookmakers.

Des petites et des grosses erreurs dans les pronostics

Si la Belgique arrivait en tête samedi, ce serait donc une grosse surprise pour les bookmakers. Jamais ils ne se seraient autant trompés. Mais une surprise peut toujours arriver. Avant la demi-finale, Hooverphonic était classée 11e de cette phase qualificative, autrement dit pas assez pour arriver en finale. Finalement, le groupe a réussi à s’imposer.

Les bookmakers ont également commis de belles boulettes par le passé, et la France en sait quelque chose. En 2011, elle était donnée gagnante mais finalement, son candidat, Amaury Vassili, n’est arrivé que 15e. En 2019, rebelote: Bilal Hassini est passé de troisième chez les bookmakers à seizième le jour J.

Mais il y a des plus grosses erreurs encore. En 2011, quelques jours avant la finale, les parieurs misaient sur l’Estonie à la troisième place. Elle sera finalement 24e. Le Royaume-Uni était vu en deuxième place et sera finalement 11e. 2011 a donc représenté une sorte d’annus horribilis pour les bookmakers et manifestement, ils ont appris la leçon depuis. Plus jamais ils ne se tromperont à ce point par la suite pour le podium, sauf exceptions comme avec Bilal Hassini pour la France.

De là à voir la Belgique gagner samedi, il faut donc une sacrée dose d’optimisme, mais l’espoir fait vivre dit-on. De son côté, Hooverphonic a plusieurs fois répété en interview être impressionné par la candidate française. « Elle est une très bonne chanteuse, son interprétation est très forte. Elle est notre plus grande concurrente« , a encore affirmé le groupe à 20 Minutes ce lundi. Dans tous les cas, Hooverphonic a un mot d’ordre: rester calme, sans se préoccuper de ce qui arrivera. Une attitude inspirée d’une discussion avec Duncan Laurence, gagnant de l’édition 2019. « Duncan nous disait de rester dans notre bulle. Même s’il y a une avalanche autour de nous, il faut rester concentrés. On a retenu ce conseil« , conclut Hooverphonic.

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