Graspop Metal Meeting 2019: les raisons d’un succès total

Pour sa première journée, le festival a dit adieu à Slayer et célébré tous les styles du rock à tendance dure avec un rare sens du partage. De Smoke On The Water à du trash metal servi par des vikings, on a tout vu et entendu. Trop bien.

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Comme celui qui a assisté au concert de Metallica au stade roi Baudouin le dimanche 16 juin dernier, le public qui a planté sa tente à Dessel pour ce long week-end metal ensoleillé est sans doute le plus éclaté qu’on rencontre en festival. Des kids qui ont tous acheté le t-shirt de  la nouvelle tournée de Slipknot (tête d’affiche de ce samedi) aux papys ayant  remis celui de « Reign In Blood », le manifeste trash de Slayer millésimé 1986, l’assistance du Graspop Metal Meeting pourrait reprendre à son compte la pub sur le lectorat « de 7 à 77 ans  » de Tintin. Et on exagère à peine. Cette convivialité, ajoutée à l’ouverture d’esprit et à une organisation irréprochable expliquent  notamment pourquoi le Graspop était le seul festival musical généraliste de l’été à afficher complet avant l’ouverture de ses portes.

Deep Purple is back

Devant nous, au contrôle de sécurité du festival, un papa quarantenaire est avec son gosse  de treize ans. Le fringant gamin porte un casque anti-bruit et un T-Shirt de Kiss, son daddy a celui de Slipknot. Cool. Comme nous, ils arrivent lorsque Glenn Hugues jouent  ce vendredi en début d’après-midi. Oui, on parle bien du « Glenn Hugues »  bassiste au sein de Deep Purple dans les années  d’or (1973-1976) qui a sombré ensuite dans la drogue, les collaborations éphémères (Black Sabbath) et les projets confidentiels. A 66 balais, le Glenn a recruté  une belle brochette de musiciens et rend un hommage brillant à Deep Purple. Voici trois ans, il jouait devant 100 personnes au Spirit Of 66 à Verviers. Ce vendredi, au Graspop, il  y a des dizaines de milliers de jeunes et de moins jeunes pour faire la teuf sur les classiques Smoke On The Water (accouplé avec le Giorgia On My Mind popularisé par Ray Charles) ou Highway Star. Partout ailleurs, ce genre de prestation aurait des odeurs de naphtaline. Partout ailleurs, sauf au Graspop, où Glenn a mis une claque. Vrai de vrai…

Stone Temple Pilots renaît

Autre retour improbable a Graspop, celui de Stone Temple Pilots. Associée à la vague grunge au débuts des années nonante, la formation de San Diego rebranche les amplis après la mort de son chanteur Scott Weiland (2015) et repart sur les routes avec le vocaliste Jeff Glutt, déniché dans  un télé-crochet américain. Et vous savez quoi ? Stone Temple Pilots Ils ont donné l’un des meilleurs concerts de ce vendredi. Venu de nulle part, Glutt vole le show avec ses poses, une vraie attitude rock, une voix quasi copiée/collée à celle de Weiland et un répertoire en forme de best of.

Magnifique public

Au Graspop, tous les genres à guitares sont représentés. Il n’y aucun snobisme ou élitisme dans le public. Ici, on aime tout, on a tout envie de découvrir ou de (re)voir sans a priori.  Les spectateurs disent « sorry » quand ils vous marchent sur les pieds, n’essayent pas de dépasser dans les queues aux bars, jettent leurs détritus dans les poubelles, respectent  leurs voisins et voisines. La prestation « authentique » des vétérans sudistes de Lynyrd Skynyrd est suivie avec autant d’enthousiasme que celle des Finlandais Children  Of Bottom qui font pourtant une musique radicalement différente. Après leur set, la plupart des groupes se rendent au stand « dédicaces »  (oui, on est plus dédicaces et t-shirts que selfies dans le metal). On a vu des adolescentes faire signer leur casquette Anthrax par Scott Ian, le guitariste de la formation trash new-yorkaise âge de 55 balais.

Drakkar et épées

Grosse ambiance sur le coup de 21hOO avec Amon Amarth. Ce groupe suédois fait dans le death metal mélodique avec une grosse fixation sur la mythologie scandinave. Ils ont des figurants qui simulent des combats à l’épée, le batteur joue dans une réplique de drakkar tandis que Johan Hegg, impressionnant chanteur à la voix gutturale, boit sa bière dans une corne de brume et cite Tolkien dans ses chansons. ça le fait, non ? A l’applaudimètre, c’était la grosse prestation de ce vendredi avec celles de Stone Temple Pilots et Slayer. Amon Amarth viendra présenter son nouvel album « Berseker » ce 26 novembre à Forest.

On termine ce compte-rendu avec Slayer qui, comme le fera Kiss ce dimanche, donnait son concert d’adieu en Belgique. Un set intense, professionnel, millimétré et respectueux des fans. De Repentless à Angel Of Death, Slayer a tout donné. Pour la dernière fois.

Photos et vidéo: copyright Graspop GMM2019

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