Le virage impressionnant des Arctic Monkeys

Les rockers anglais se transforment en dandys crooners sur un sixième album grandiose.

Arctic Monkeys ©Prod

« Je voulais seulement être un membre de The Strokes et regarde le gâchis que tu m’as fait faire”, chante Alex Turner sur Star Treatment, morceau qui ouvre “Tranquility Base Hotel & Casino”, sixième album de son groupe Arctic Monkeys. Turner a quitté depuis longtemps les brumes de son Sheffield natal pour s’installer sous les palmiers d’une colline huppée de Hollywood. Et si on ajoute dans le décor, à mi-chemin de sa piscine et du bar à cocktails, un piano Steinway qu’il a reçu pour son trentième anniversaire, vous comprendrez mieux le virage impressionnant négocié par le groupe anglais sur ce disque.

Finies en effet les guitares nerveuses, les hymnes rebelles à scander au pub le vendredi soir le ventre rempli de Guiness et les yeux plein de rêves. Turner et sa bande ralentissent le tempo, se la jouent rétro vintage et observateurs désabusés d’un monde devenu trop virtuel pour eux. Il est ici question de sports américains, de casinos géants dans le désert, de refrain où “technologie” rime avec “ennui” et même d’un président “ancien lutteur à la WWF” (sur le génial Golden Trunks). En attendant de voir comment ces chansons viendront se blottir dans leur répertoire scénique traditionnel à Rock Werchter, on ne peut que saluer l’audace aventureuse de Turner et sa capacité à écrire des grandes chansons pop comme American Sports, Four Out Of Five ou She Looks Like Fun. L’audace a payé. Premier candidat sérieux pour l’album de l’année.

Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel & Casino – V2

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