Esperanzah! 2017 : « Une édition sereine » et près de 35.000 festivaliers

Dimanche, fin d’après-midi… Comme il se doit, l’heure est à un premier bilan, dressé par les organisateurs du festival. Sécurité, programmation, renouveau : ils ont quelques motifs de satisfaction à mettre en avant.

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Jean-Yves Laffineur, le directeur et programmateur d’Esperanzah qualifie cette édition de « très sereine ». Y compris en matière de sécurité : « Seul un nombre anodin d’interventions », médicales et autres, a été recensé. »

Un soulagement, après celle du 15e anniversaire – l’an dernier -, qui vit passer par Floreffe Manu Chao et Patti Smith. « On a eu le sentiment que le temps était venu de redessiner un peu le festival, explique-t-il, d’aller vers encore plus d’ouverture au niveau programmation et d’améliorer les petits points faibles identifiés l’année passée. Tous les objectifs qu’on s’était donnés ont été largement rencontrés. »

Virage réussi donc, pour ce festival porté par des gens qui croient en l’humain ? Et qui, cette année, aura été fréquenté par près de 35.000 personnes, soit un peu moins qu’en 2016 ? Oui, si l’on se réfère au retour d’une troisième scène (Alpha, montée en haut du site) et à l’élargissement de la programmation qu’elle permettait. « C’est une scène d’ouverture, pour un type de programmation qui s’était peut-être un peu perdu ces dernières années : des artistes à découvrir, plus proches de leurs origines culturelles, qui ont transcendé leur culture à travers leurs voyages, leur migration, le métissage… » On le lui donnera pas tort : on y a vu de chouettes choses, sur ces planches aussi plus intimistes, de Leyla McCalla vendredi, entre grâce et émotion, à Uman samedi, pile dans le thème quand il s’en prend à l’intervention policière du Parc Maximilien, en passant ce dimanche par Yallah Bye, le projet tout neuf de Jawhar, qui transforme décidément en or pour les oreilles tout ce qu’il touche (on va y revenir).

Cela dit, « scène supplémentaire » signifie également « coût » et donc « risque ». Mais on peut aussi y voir une sorte d’investissement : Jean-Yves Laffineur se réjouit ainsi de la présence à Floreffe de plusieurs programmateurs étrangers.

Quand il revient sur l’affiche, le directeur d’Esperanzah souligne la générosité d’un IAM et la convivialité d’un MHD. Mais, quand il est question de BCUC : «  Quand je vois un groupe comme celui-là, son énergie extraordinaire, qui monte sur scène, que personne ne connaît ici et qu’on présente comme le coup de cœur du festival, et qu’on voit l’engouement du public, je vous avoue que ça m’apporte énormément d’émotion. Personnellement, j’ai l’impression que ce concert était l’aboutissement d’une année de travail. »

L’autre chantier de l’équipe concernait la fluidité. A améliorer : l’an passé, nombreux furent ceux qui connurent l’enfer des files aux caisses, aux toilettes, aux entrées… Douze mois plus tard, il ne fallait plus qu’une demi-heure d’attente pour pénétrer dans le camping, aux dires de Jean-Yves Laffineur.

Le thème de cette année, « Des ponts contre leurs murs », n’a pas laissé indifférent. Ce lundi, une centaine de lettres à l’attention de Theo Francken seront déposées au ministère : les festivaliers avaient l’occasion d’interpeller le secrétaire d’État pour l’Asile et la Migration sur la situation des centres fermés en Belgique. Esperanzah! a également réussi à rassembler cent sacs de couchages et de matelas de sol. Quant au village des saltimbanques, autre nouveauté de cette année et qui n’a pas désempli, on y a reçu une cinquantaine de demandeurs d’asile, venus faire part de leur « expérience ».

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