Esperanzah! 2017 : en voyage avec Yallah Bye!

Entre deux albums folk/pop plus personnels, Jawhar Basti s’échappe en groupe, un groupe métissé comme le festival a la bonne idée d’en programmer chaque année. Notre coup de cœur de ce dimanche !

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Fin 2013, Jawhar nous avait déjà beaucoup plu avec son album Qibla Wa Qobla. Ces temps-ci, il œuvre sur un « side project » où il mêle chaâbi (le genre populaire) avec l’électronique et la voix de Mónika Miczura, chanteuse rom de Hongrie qu’on a pu entendre avec la Fanfare Ciocârlia ou dans les films de Tony Gatlif. Sur la scène Alpha ce dimanche, il nous a convaincu d’un truc : à l’instar d’Acid Arab par exemple, on peut tenter ce genre de mélange sans verser dans les clichés, en appeler à l’électronique pour plus que du beat – des textures par exemple -, bref, mixer avec bonheur (des oreilles) Orient, Est et machines. Dans son groupe, on notera aussi la présence d’un excellent percussionniste, surtout expressif en diable, tout en sourires et en mimiques, qu’il manie derbouka, frappe sur ses pads ou tripote d’autres accessoires sonores.

« Yallah Bye! est un groupe live, signale la bio, aucun album n’est prévu pour l’instant. » Trois titres sont à découvrir sur le Net, et deux d’entre eux ont été clippés. « Ce projet, je le vois vraiment comme un laboratoire, commente le Belgo-Tunisien. Un laboratoire que j’ai envie de continuer à ouvrir à des collaborations diverses. Je ne suis pas du tout dans l’optique d’un album ou d’un ep. Je préfère continuer à m’amuser et à explore sur scène. Parce que je sens instinctivement que ça va encore évoluer, avec toujours une ligne conductrice, qui est de travailler sur un langage et une musique populaires mais d’une manière contemporaine. »

Gros mots

C’est en écrivant pour le théâtre (Jawhar Basti est aussi comédien et a signé quelques créations en Tunisie) qu’il en est arrivé à développer l’univers de Yallah Bye. « Quand on écrit ses chansons, qu’on développe son univers personnel, on reste quand même dans un truc très intérieur, très intime, qui nous ressemble beaucoup, finalement. » Traduisez : avoir l’occasion et la chance d’écrire pour des personnages oblige à vraiment raconter d’autres histoires. « Et ici, j’avais envie d’explorer de plus en plus une espèce de personnage populaire. En fait, c’est comme si toute ma vie, j’avais traîné cette réputation de poète un peu maudit avec sa guitare, et je voulais casser ça, avec des histoires pleines de gros mots, de trucs vulgaires, mais qui sont finalement vraies parce que c’est le langage de la rue, le langage vivant d’aujourd’hui en Tunisie. »

Certes, sur scène, on ne comprend pas tout ce qui se dit. Forcément, on ne parle pas la langue. Les langues, même, puisque Mónika Miczura l’accompagne sur certains titres. Pas grave, les deux se répondent harmonieusement, comme si elles n’étaient pas différentes. Et tant pis pour les gros mots que lâche ce personnage venu de la rue ou du fin fond des souks (sic). On danse, on se laisse transporter, et puis c’est tout ! Prochain concert : le 12 août à Bredene (Afro C Festival).

 

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