Fresu, Galiano, Lundgren en état de grâce au Dinant Jazz

Après trois années d’absence, le festival du Dinant jazz ne pouvait imaginer un plus beau retour qu’avec le concert de ce prestigieux trio international.

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Au bout de deux heures d’une beauté hors du temps, Paolo Fresu, le trompettiste sarde, Richard Galliano, l’accordéoniste français et Jan Lundgren, le pianiste suédois, sont venus saluer une dernière fois. Tout sourire. Le public est lui aussi debout, ému et reconnaissant. On vient de lui offrir deux rappels qui résument toutes les qualités du moment. The Get away, une reprise touchante et brillante de Toots Thielemans auquel tout le festival est dédié, et puis une variation autour de Que reste-t-il de nos amours?, d’abord  ultra-mélodique, avant de basculer dans des clins d’œil entre ces musiciens de haute volée à la complicité sans faille.

Il y a dix ans, ils s’étaient déjà réunis pour un premier album Mare Nostrum, référence romaine à la Méditerranée, manière aussi de se réclamer d’une culture européenne sans frontière. Il y a deux ans, ils étaient passés au festival de Gand alors même que Mare Nostrum II n’était encore qu’un projet, aujourd’hui enfin disponible. Depuis le titre s’est aussi confondu avec l’opération humanitaire de sauvetage des émigrés clandestins, mais la musique est restée la même. Elle est toujours ouverte, méditative, fascinante comme la mer, composée de pièces originales (dont Chat Pitre, le générique des gourmandes Escapades de Petitrenaud) ou d’emprunts à Tom Jobim, au folklore suédois, à la chanson française, aux airs classiques (Monteverdi, et sur disque, Satie). La pureté du répertoire et la précision du jeu des musiciens, trois pointures indiscutées, sont apparues encore plus évidentes sur scène, dans le cadre merveilleusement exceptionnel de la collégiale de la ville, un bâtiment du XIIIe à l’acoustique phénoménale (bravo à la technique).

Le festival se poursuit ce week-end dans un autre magnifique lieu : l’Abbaye de Leffe. Aujourd’hui vendredi, de grands jazzmen belges (Steve Houben, Philip Catherine, Michel Herr, Bert Joris…) rendront hommage à notre Toots à tous, et surtout au Dinant jazz dont il était le parrain (en ville, une exposition de photos témoigne de leur longue complicité). Sarah McKenzie, la grande et belle chanteuse australienne, est aussi au programme. Le lendemain, Eric Legnini présentera « Waxx Up »,  son projet résolument funky et chaudement groove, histoire de démontrer qu’au Dinant Jazz, tout est possible, surtout le meilleur. 

Toutes les infos sur le festival: www.dinantjazz.com

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