Feist : pour le plaisir

Cultivant l’art de la discrétion, l’artiste canadienne guérit ses plaies sur un sixième album contemplatif. 

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Comme PJ Harvey à qui on pense beaucoup en écoutant “Pleasure”, Leslie Feist est une artiste ultra-exigeante qui ne sort du silence que si elle a quelque chose à dire. Chez elle, pas de disque pour faire un disque”. Six ans après “Metals”, la Canadienne répond à son questionnement ( Pourquoi encore faire de la musique alors qu’il y en a partout ) par un album rock, épuré, fragile, rare et profondément humain. Pas de ritournelle pop qu’on chante sous la douche ici, façon 1234, son tube “feel good” utilisé dans la pub pour le iPod Nano. Dès l’intro de la plage titulaire, Feist rappelle ses influences punk/rock avec des accords acérés de guitare électrique. Sur A Man Is Not His Song (joli titre!), elle plonge dans la folk sixties tandis que I’m Not Running Away rappellera des bons souvenirs à ceux qui pensent que “Rumours” de Fleetwood Mac est le meilleur album de tous les temps. Reflet du climat anxiogène du moment, Century accueille l’invité-surprise Jarvis Cocker, rencontré – ce n’est pas une blague – lors d’un voyage en Antarctique. Ces chansons m’ont sauvée, déclare Feist. Je me suis laissé ensuite guider par les hasards de la création. Privilégiant la production atypique de Mocky et Renaud Letang plutôt qu’une réalisation formatée, “Pleasure” est un disque exigeant dont la profondeur s’affirme un peu plus à chaque écoute. Jolie claque rock.

Le 13/08 au Brussels Summer Festival

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