Cherry Glazerr: série noire et rouge à lèvres

Féministe et sexy, la formation californienne barre la grisaille sur un album qui remet le garage/punk au cœur des conversations. A ne pas rater aux Nuits Botanique le 17 mai.

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Projet imaginé dans la chambre d’une ado aux jeans déchirés, Cherry Glazerr repose sur les épaules de Clementine Creevy, charmante brunette de 19 ans remontée contre les mâles et les maux du monde. Belle voix, grande gueule,    la jeune fille publie un premier     disque dès 2014 sur le label Burger Records (Black Lips). Aujourd’hui, elle revient en compagnie de la multi-instrumentiste Sasami Ashworth et du batteur Tabor Allent. Entre glamour et chaos, décharges électriques et caresses érotiques, l’album “Apocalipstick” témoigne d’un âge où l’adolescence s’efface. Où la femme s’affirme sans retenue ni maquillage. “De nos jours, les femmes doivent jouer des coudes, trouver leur place dans l’espace public, les milieux politiques et économiques. Je suis une féministe convaincue et je l’affirme dans mes morceaux: chacun mérite un traitement équitable.” Grunge, post-punk et pop synthétique donnent la couleur d’un disque fun malgré un message pas toujours drôle (Trash People). Entre Blonde Redhead et The Go-Go’s, le single Nurse Ratched offre un magnifique feu d’artifice auditif. Ailleurs, sur Instagratification, le trio attaque Instagram de front. “Je parle en connaissance de cause. J’ai pratiqué très jeune, à un âge où le regard des autres compte énormément. À un moment, j’ai réalisé que ce réseau social reposait sur des faux-semblants. Les photos postées ne me définissent en rien. C’est du tape-à-l’œil. Pourquoi se sent-on obligé de diffuser des images filtrées de son quotidien? Pour se rassurer? Pour faire bonne figure? Je n’ai pas besoin de ça.” De fait, un bon album suffit amplement.

Le 17/5 aux Nuits Botanique, Bruxelles. www.botanique.be

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