Drake retourne Anvers

Le rappeur de Toronto a fait vibrer le Sportpaleis à l'occasion de sa tournée internationale “The Boy meet world Tour”

 

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La dernière fois que Drake a posé le pied en Belgique pour y donner un concert, c’était en mars 2014 au Palais 12 de Bruxelles, à l’occasion de la sortie de son album « Nothing Was The Same ». Un concert ouvert par The Weeknd, qui assurait alors ses premières parties. Trois ans plus tard, les choses ont bel et bien changé. Le quatrième opus de Drake « Views », ode à sa ville natale qu’est Toronto, a été écouté plus d’un milliard de fois sur Apple Music. Mieux, il est également en pôle position des classements de ventes de disques au niveau mondial : il est désormais Number One.

Au clair de lune 

Pour assurer ce statut sur la scène, l’artiste a lourdement investi dans une scénographie « à l’américaine », en plus d’avoir passé quelques dizaines d’heures à soulever des poids vu le fuselage de ses bras gonflés. Flammes, feux d’artifices, explosions dans tous les sens,… Drake joue de quelques jolis effets pyrotechniques pour agrémenter son show et faire oublier qu’il est seul à tenir une foule de 18.000 personnes. Ça, c’est pour le côté classique. Mais c’est surtout l’étonnant plafonnier de ballons mouvants, tout comme l’énorme lune placée au milieu du public en fin de set, qui font la différence et hypnotisent l’audience.

Un répertoire bien fourni

En plus de dix ans de carrière, Aubrey Drake Graham à la ville, peut se targuer d’avoir brouillé les pistes. Il veut désormais qu’on le classe dans le rang de la « pop music » et non pas qu’on le limite à la catégorie hip-hop. Un mélange des genres qu’il balance au fil des titres égréné pendant près des deux heures du show. Sur scène, ses gros tubes destinés à faire danser les foules, ses enregistrements avec Rihanna qui enveloppent d’une certaine sensualité, mais aussi ses morceaux introspectifs chantés pour faire vibrer ou ses titres explosifs rappés qui prouvent sa dextérité, démontrent la capacité de Drake à se réinventer. Le Canadien de trente ans dispose d’un répertoire extensif et n’hésite pas à exposer toutes ses facettes que ce soit en medley ou en versions longues. Des punchlines qui résonnent avec clameur face aux milliers de jeunes massés devant lui, preuve une fois encore qu’il a su apporter crédibilité au mouvement R&B comme à celui du rap, en y insufflant des beats éthérés mais aussi des mélodies directement inspirées de la musique africaine.

Un garçon bien poli

Pour maintenir l’attention de la marée humaine qui, béatement, récite toutes ses paroles, Drake donne également dans l’intimiste. Il relate l’histoire de sa rencontre avec ses musiciens porté par un air de piano. Une fausse pudeur devenue marque de fabrique depuis l’avènement de Started From The Bottom, titre qui explique son ascension au sommet de l’industrie musicale. Mieux, l’artiste pointe du doigt chaque personne qu’il entraperçoit et commente ce qu’il voit pour inclure au maximum son audience, « Toi avec ton tee-shirt rouge, merci d’être là ». Une tactique un peu longuette, mais qui a le mérite d’être efficace : l’énergie de la foule est transcendée. Des longs discours que l’artiste a toujours utilisé en concert, une touche d’humanité qui fait la différence face aux nombreux shows désincarnés des superstars de la pop music. Sauf que cette fois-ci, les paroles du gendre idéal au cœur chamallow sonnent un peu faux. Face à 18.000 personnes, difficile d’installer une ambiance personnalisée. Ce qui n’entache en rien l’efficacité de sa performance pour cette double étape à Anvers du « The Boy meet world Tour ».

 

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