Elle s’appelle Fishbach et c’est la star de demain

À vingt-cinq ans, elle propose avec son premier album “À ta merci” sa vision de la nouvelle chanson française. Loin des formats mais pourtant proche de vous. On adore. 

Flora Fishbach ©Prod

Charleville-Mézières. Sa nature. Ses ponts surplombant la Meuse. Ses restos. Ses bars où l’on sert de la bière belge (la frontière n’est qu’à dix kilomètres) et son festival rock Le Cabaret Vert qui permet, le temps d’un week-end à la fin de l’été, de voir la population locale passer de 50.000 à 80.000 personnes. À ce paysage ardennais, il faut désormais ajouter Flora Fishbach, vingt-cinq ans, et toute grosse sensation du moment. Rarement une artiste “émergente” (quel mot horrible!) n’a été précédée d’une telle réputation. Son premier album,  “À ta merci” est enfin sorti. À vous de juger. Nous, on adore.

Fishbach, c’est de la chanson française. Avec des sons d’aujourd’hui (merci les logiciels Ableton) et des influences d’hier. En interview, la jeune fille cite dans le même enthousiasme Patti Smith, Ellie et Jacno, Kas Product ou encore Daniel Balavoine. “Je ne sais pas ce qu’est le bon ou le mauvais goût et je m’en fous, dit-elle. Une chanson me parle ou ne me parle pas. Dans ma vie, j’ai eu une période métal, puis je suis passée au punk et à l’électro. Je me suis gavée d’infrabasses en sortant dans les clubs du Carré à Liège. La chanson française est arrivée sur le tard. C’est en fouillant sur YouTube que j’ai commencé à apprécier plein d’artistes français des années 80. Merci Internet!”

 J’aime beaucoup détourner les codes de la pop.

Sur le premier album de Fishbach, il n’y a pas de fil conducteur, hormis cette voix grave et androgyne à nulle autre pareille. La chanson Y crois-tu commence comme un tube de Balavoine. Celle qui s’intitule Éternité finit comme une face B de Mylène Farmer. Christophe n’aurait pas renié la ballade pour dandy nocturne Un beau langage. S’il se penche sur le berceau Fishbach, Ennio Morricone appréciera, quant à lui, le pont instrumental de Feu tandis que le troublant Invisible désintégration de l’univers nous plonge dans une version 2.1 de la new wave gothique.  “J’ai fait toutes les maquettes des chansons dans le grenier familial avec mon iPad. Je travaillais seule, le plus souvent la nuit. Si j’avais fait ce disque il y a dix ans, vous auriez eu droit à un guitare/voix. Avec un ordi et  un bon logiciel, on peut piocher aujourd’hui plein de sons. J’ai samplé des flûtes médiévales pour Invisible désintégration de l’univers. Des synthés, des cordes, des boîtes à rythmes. J’aime beaucoup détourner les codes de la pop. Mais pour être capable de les détourner, il faut savoir les apprécier  pour ce qu’ils sont à la base: des trucs écrits pour tout le monde. Même si ma vision de la pop est alambiquée, je n’aime pas la provoc pour la provoc ou le contrepied pour le contrepied. Ce que je propose reste accessible…”

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Fishbach sera en concert aux Nuits Botanique le 13 mai. 

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La Playlist des Nuits Botanique ©Moustique

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