Cloud Nothings ravive le souvenir de Kurt Cobain

Mélodies au cœur, rage au ventre, le groupe américain enregistre son meilleur album.

Cloud Nothings ©Prod

Accoudé au bar d’un hôtel lounge, Dylan Baldi est le seul rockeur de l’assemblée. Coiffure négligée, lunettes rectangulaires sur le nez, le leader de Cloud Nothings, nouvel album en poche, retrace son itinéraire depuis Cleveland. “Je m’étais inventé un groupe imaginaire sur MySpace. Un mec est tombé sur mon compte et m’a proposé un concert à New York. J’ai accepté. Le hic, c’est que je n’avais pas de musiciens. J’ai appelé des potes à la rescousse. Cloud Nothings est né ainsi, dans l’urgence.” Suite à ce coup de poker, Baldi relance les dés et tente sa chance sans rien laisser au hasard. “J’ai abandonné l’école pour me consacrer entièrement à ce projet.” En 2012, sa route croise celle de Steve Albini, metteur en son de disques culte (Pixies, Nirvana). Ce dernier enregistre “Attack On Memory”, premier tour de force de Cloud Nothings.

Aujourd’hui, la formation revient dans l’actu avec des mélodies électriques et de solides montées d’adrénaline. Paradoxalement, le disque s’intitule “Life Without Sound”. “Ce titre n’est pas une référence directe à la musique. Récemment, j’ai déménagé au milieu de nulle part, dans le Massachusetts. Ma copine y enseigne la poésie. Mais en marge de ce métier, elle joue dans un groupe (Speedy Ortiz – NDLR). Pendant un an, elle est partie en tournée, me laissant seul dans notre cabane, sans un bruit, sans ami.” 

Isolé, le chanteur s’administre une autothérapie. Des morceaux comme Internal World ou Strange Year évoquent clairement cette expérience solitaire. Entre rage adolescente et conscience adulte, la musique donne envie d’enfourcher un BMX et de démarrer en wheeling. Les guitares ravivent ici le souvenir de Kurt Cobain et réveillent la power pop étincelante de Nada Surf. Pour valider ses chansons, Dylan Baldi les embarque en bagnole. “Je les écoute en roulant. Je trace le bitume sur des kilomètres. Si les morceaux passent l’épreuve de la route, c’est qu’ils sont prêts pour faire un bout de chemin…”

*** Cloud Nothings. Life Without Sound. Wichita/[PIAS]

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