Dick Annegarn: le Hollandais chantant

Le troubadour chante l’époque dans un album dopé par un français plus que parfait.

Dick Annegarn ©Prod

C’est l’histoire d’un héros de la chanson, un mec qui a célébré Bruxelles (ma belle) comme personne, un parolier qui a brillé au firmament avant de tomber en disgrâce. Loin de la scène, plus près de la Seine, c’est à bord d’une péniche amarrée dans la banlieue parisienne qu’il s’est coupé de l’industrie du spectacle. “Entre 1979 et 1997, j’ai vécu sans contrat, explique-t-il. Sur mon bateau, je n’étais pas riche, mais content. À l’époque, j’étais mal rasé, gentiment pompette comme tous ceux qui, un jour, perdent un peu pied.” C’est qu’à un moment, Dick Annegarn a touché le fond et a sombré dans l’oubli. “C’est Mathieu Boogaerts qui m’a sorti de la misère. Il est venu me chercher. Au début, je ne voulais rien entendre. Mais il a insisté et j’ai craqué. Sans lui, je ne serais pas revenu dans le parcours. Puis, tout ça est remonté jusqu’à l’Olympia.”

Quelle vie après les attentats ?

En 2006, c’est la consécration. Bashung, Arno, Souchon, M ou Bertrand Belin célèbrent son répertoire dans une compilation hommage. Aujourd’hui, le Hollandais publie un 17e album studio baptisé “Twist”. “Ma perception du twist, c’est plutôt Chubby Checker que Les Chats Sauvages. Dans la version originale, on trouve d’ailleurs un slam, un prototype du rap. C’est une joute verbale, un procédé auquel je recours dans l’album, mais aussi au quotidien.” Chaque jeudi, l’artiste organise en effet des joutes verbales sur la place du Capitole, à Toulouse où il vit à présent. Un moyen, pour lui, de relier la rue à la scène, de raccorder le verbe à la vie, de rendre la musique à la culture populaire. “Et puis, le twist est aussi une façon d’insister sur le décalage qui existe entre le sens premier des textes et leur compréhension par le public.” Sous les bons mots du nouveau disque, la conscience citoyenne de Dick Annegarn se dévoile. En filigrane de ses chansons folks et de ses coups de blues, l’artiste pose une question: quelle vie après les attentats? Pour ça, le duo partagé en compagnie de Raphael (On est deux) est explicite. “Là, c’est la gueule de bois. Comment se relève-t-on après un tel excès de violence?” À l’écoute du morceau Twist ensemble, la réponse coule de source: en insufflant de la joie, de l’insouciance et beaucoup de danse. “Twister, par exemple, c’est une excellente façon de purger les tensions.” À bon entendeur…

** Dick Annegarn. Twist. Musique Sauvage/ [PIAS]

Le 26/08 aux Solidarités.

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