The Weeknd fait sa mue sur Starboy

Sur le nouvel album de l’artiste de Toronto, on retrouve Daft Punk, Lana Del Rey, The Future ou encore Kendrick Lamar. Une mixtape des temps modernes qui s’impose comme le grand carton des fêtes.

The Weeknd ©Prod

Dans la vidéo de son single Starboy et dans le court métrage Mania qui affole les compteurs sur YouTube, il y a un moment très fort. Abel Tesfaye, alias The Weeknd, se fait étouffer dans un sac en plastique par son double et arracher par la même occasion son horrible coiffure choucroute qu’il portait depuis ses débuts. On le voit ensuite déambuler dans un couloir où il fracasse notamment des disques d’or obtenus grâce aux ventes astronomiques de “Beauty Behind The Madness” (2015).

Derrière ces plans trash, le message est clair. Il y avait l’ancien The Weeknd et le nouveau The Weeknd, celui qui fait sa mue sur “Starboy”. Avec ce coffre aux trésors, l’artiste originaire de Toronto (comme son pote Drake qui l’a lancé) réconcilie les fans de hip-hop et les fans de la boule à facettes. Il tire un trait d’union entre le old school et la musique de demain. Il réunit dans les mêmes mélodies (sur l’énorme I Feel It Coming pour ne citer qu’un seul exemple) les fantômes de Marvin Gaye et de Michael Jackson. C’est du tout bon et c’est même excellent.

Pas le moindre signe de faiblesse

Au printemps dernier, les commentaires se faisaient acerbes à son égard, après sa décision de bouder Rihanna qui lui avait demandé d’assurer sa première partie de son Anti World Tour. Il a eu raison de renoncer à ce périple pourtant très rentable pour peaufiner ce disque. The Weeknd en fait une ode à la vie, à l’hédonisme et à la dance. Les deux Frenchies casqués de Daft Punk réalisent des merveilles sur les singles Starboy et I Feel It Coming. Quant à Lana Del Rey, elle imprime discrètement sa touche glamour sur le craquant Stargirl Interlude. Cette chanson ne dure même pas deux minutes, mais ce n’est que du bonheur. L’auditeur a à peine le temps de se remettre les idées en place que The Weeknd invite Kendrick Lamar pour une évocation de sa jeunesse sur fond de sample soul. Et ça ressemble à une face B d’un disque seventies d’Isaac Hayes. Ailleurs, il passe sa voix au vocodeur, rend hommage au “Thriller” sur Rockin’ et invite à sortir les bougies sur la ballade sulfureuse Six Feet Under. Et si le disque est copieux, il ne connaît pas le moindre signe de faiblesse. Mieux encore, sans avoir toute la force d’un hit, les dix-huit chansons ont toute leur importance et forment une mixtape des temps modernes irrésistible. Carton assuré.

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