Vianney: « Je suis moins lisse qu’on ne le croit »

Le gendre pop idéal panse ses bobos de cœur sur un disque authentique.

Vianney - Prod

« On écrit des chansons sur des accords mineurs et moi, comme un con, je le fais de bon cœur”, roucoule Vianney sur son nouvel album. Un texte 100 % autobiographique qu’il a baptisé Le fils à papa. Fallait oser un tel aveu. Mais voilà, dans son genre, le garçon est plutôt sincère. “Dans cette chanson, je m’adresse à moi-même. J’ai eu beaucoup de chance dans mon parcours. Je viens d’un  milieu où j’ai été particulièrement préservé. Côté études (il est à la fois diplômé en études de commerce et en stylisme – NDLR), j’ai réussi tout ce que j’ai entrepris. Et mon hobby s’est transformé en métier. Mes parents m’ont appris à ne jamais oublier ça. Et quand il m’arrive de me plaindre, j’ai vraiment envie de me foutre une baffe dans la tronche.”

« C’était tellemend évident de l’appeler Vianney »

Deux ans après “Idées blanches” et la déferlante T’es pas là (15 millions de vues sur YouTube), Vianney Bureau – son vrai nom – poursuit sur sa lancée. Physiquement, le garçon n’a pas changé. Look “propre sur lui”, le rire joyeux et le charme naturel du gendre parfait. Mentalement, il s’est métamorphosé. La timidité des débuts s’est effacée, le degré d’exigence s’est élevé et la confiance en soi s’est renforcée. Adulé par un public transgénérationnel comme ça arrive rarement sur un premier disque de chanson française, reconnu par ses pairs (une Victoire comme artiste masculin en 2016, des amitiés avec Vincent Delerm, des chansons pour Céline Dion ou Julien Clerc), Vianney revient en “Vianney”. “Je me suis longtemps cassé la tête pour trouver un nom à cet album. C’était tellement évident de l’appeler “Vianney” que je n’y avais pas pensé. Ce disque, ces chansons, c’est ma vie de tous les jours depuis ces deux dernières années.”

La première phrase sur ce nouvel album est: “Tu dis que tu t’en vas”. Le second morceau s’intitule Je m’en vais. Il y a aussi Oublie-moi et Tombe la neige qui sans s’inspirer d’Adamo, évoque un rendez-vous manqué. Je ne vais pas le cacher, j’ai vécu une rupture amoureuse qui m’a fait très mal. Mais elle s’est aussi révélée particulièrement inspiratrice et la reconstruction a même été heureuse. Plus riches dans leurs arrangements mais tout aussi artisanales dans leur réalisation, les onze chansons de “Vianney” privilégient le vrai. Je voulais un disque organique. Je voulais qu’on entende la guitare, la voix, le bois. Quelque chose de joué avec le cœur, pas un truc parfait. Et c’est finalement ce côté authentique qui fait la différence. Il y a peut-être des gens qui ne comprennent pas ma démarche parce qu’ils me réduisent à une seule chanson. Par contre, ceux qui sont venus me voir en concert ont pigé le truc. Je suis moins lisse qu’on ne le croit. J’adore la guitare, j’adore improviser et raconter mes petites histoires. Et parfois ça peut m’emmener très loin.

Le 6/8 au Ronquières Festival.

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