Avec « Building A Beginning”, Jamie Lidell savoure les joies de la paternité

Nouveau son, remise en question: Jamie is back! Chaud comme au premier jour.

Jamie Lidell - Building A Beginning

Exilé aux U.S.A., le chanteur britannique rénove tranquillement les préceptes de la soul et du funk, prêtant régulièrement sa plume rétrofuturiste à des chanteuses formidables (de Janelle Monáe à Lianne La Havas). C’est qu’au fil du temps, Jamie Lidell s’est taillé une réputation de savant fou. Certains le voient d’ailleurs comme un manipulateur d’éprouvettes électroniques, un scientifique à paillettes en quête d’expériences délirantes. Pourtant, sur le nouveau “Building A Beginning”, l’Anglais de Nashville se détourne des machines pour s’entourer d’un orchestre composé de véritables êtres vivants. “Cette fois, je voulais de l’authenticité, un chant honnête, des paroles intimes, des musiciens en chair et en os. Moins de bidouillages, pas de filouteries en studio. L’électro reste une composante de mon travail mais, sur ce disque, c’est moins évident, plus subtil.” Pour Jamie Lidell, “Building A Beginning” a donc des allures de nouveau départ. “Professionnellement, c’est aussi un changement de cap puisque j’ai quitté mon label (Warp) pour créer ma propre maison de disques. Après quatorze ans, je faisais partie des meubles. Quand la routine s’installe, il faut relancer le processus de séduction ou songer à la séparation. J’ai choisi la deuxième option. J’avais faim de changement, besoin d’aller de l’avant.”

« Je laisse parler mes sentiments »

Album écrit avec son épouse, “Building A Beginning” lui donne aussi l’occasion de s’avourer les joies de la paternité. Dans un registre cher à Stevie Wonder, le titre Julian s’adresse directement au fils du chanteur. “Il vient de fêter son premier anniversaire. Je voulais composer un morceau qu’il serait fier d’écouter plus tard.” Difficile de le contredire à l’écoute d’une chanson comme I Live To Make Your Smile. “Avant, je n’aurais jamais osé chanter un truc pareil. C’est fleur bleue, un peu mielleux, pas forcément cool. Mais aujourd’hui, je me contrefiche du qu’en-dira-t-on. J’ai changé. Je laisse parler mes sentiments. Je ne suis plus le mec qui court derrière la hype.” Tant mieux. Car, avec un disque comme “Building A Beginning”, l’histoire de Jamie Lidell s’inscrit dans la durée, plus dans l’éphémère. La belle affaire!

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