Les années sexe, funk & coke de David Bowie

Truffé de raretés, le coffret “Who Can I Be Now?” évoque  la conquête américaine du chanteur entre 1974 et 1976 et sa découverte des musiques noires qui va changer la face du rock. 

Bowie en concert à Los Angeles lors du Diamond Dogs Tour, en mai 1975 - Belga

Quand David Bowie débarque à New York le 11 avril 1974, il est fatigué. Fatigué de tout. Du personnage de Ziggy Stardust qu’il a enterré publiquement un an plus tôt à Londres. De l’Europe qui en a fait une icône alors qu’il n’a que vingt-sept ans. De son épouse Angie, des kimonos inspirés du théâtre kabuki que lui a dessinés le styliste japonais Kansai Yamamoto, des platform boots et du style glam-rock dont il est devenu sans le vouloir le chef de file.
Inspiré du roman d’anticipation 1984 de George Orwell, son album “Diamond Dogs” doit sortir deux semaines plus tard. Bowie s’est malheureusement vu refuser par la femme d’Orwell l’exploitation scénique des thèmes du livre. Il décide donc de transformer sa tournée Diamonds Dogs en revue façon “musical” de Broadway. Il engage des nouveaux musiciens et fait construire une scène impressionnante à plusieurs niveaux et introduit dans son show des sections de cuivres, des choristes, des comédiens ainsi que des gadgets: le téléphone pour Space Oddity, un crâne pour Cracked Actor, une main géante qui s’ouvre pour l’intro, une nacelle qui l’emmène dans les cieux. 
Plusieurs chansons de son back-catalogue sont réinterprétées dans des tonalités funk/jazz. “Le rock est mort” susurre Bowie qui vient de craquer sur le tube soul I Can’t Stand The Rain d’An Peebles et couvre d’éloges les arrangements d’Isaac Hayes ou les poussées funky de James Brown. C’est également à New York qu’il a fait quelques mois plus tôt l’une des rencontres artistiques les plus importantes de sa carrière. 

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Un coffret exemplaire : David Bowie – Who Can I Be Now ? (12 cd) Warner

Certes, ce n’est pas la première réédition de Bowie et les chansons annoncées comme inédites ne le sont pas toujours pour les collectionneurs. Mais cette fois, c’est complet, passionnant et enrichi d’un livret de 128 pages. Un an après le coffret “Five Years” consacré à la période 1969-1973, “Who Can I Be Now?” s”intéresse donc à la période “américaine” de Bowie couvrant un travail prolifique de trois années (1974-1976). On y retrouve les albums studio officiels évoqués dans notre article (“Diamond Dogs”, “Young Americans” et “Station To Station”) ainsi que le double live “David Live” dans deux remixes différents. Les chansons non retenues sur “Young Americans” sont rassemblées sur “The Gouster” avec notamment deux ballades (Who I Can I Be Now? et It’s Gonna Be Now). Le box inclut aussi le “Live Nassau Coliseum 76” et une compile baptisée “Re:Call 2” avec faces B, versions alternatives. Après “Station To Station”, Bowie décide de rentrer en Europe et va découvrir Berlin. On en reparle dans un an.

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