Michel Houellebecq à nouveau dans la tourmente après ses propos chocs : "Je suis islamophobe à temps partiel"

Michel Houellebecq islamophobe, mais à temps partiel seulement ? L'écrivain français fait une nouvelle sortie particulièrement engagée.

Houellebecq
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L'auteur de Soumission n'en finit pas de s'enliser dans une ornière qu'il creuse toujours plus profonde. Cette fois, c'est dans les colonnes de l'hebdomadaire Le Point que les mots de l'écrivain retentissent.

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Il profite de cette tribune pour s'exprimer pour la première fois sur l'intention qu'a la Grande Mosquée de Paris de porter plainte à son encontre. Cette volonté de recourir à la justice fait suite à une autre interview accordée en novembre dernier dans la revue politique du philosophe Michel Onfray, Front Populaire. Il y expliquait de manière décomplexée que "le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent."

Une provovation à la haine ? 

Après cette nouvelle estocade, dans un communiqué publié le 28 décembre, la Grande Mosquée de Paris a annoncé vouloir assigner l'auteur devant les tribunaux pour "pour provocation à la haine contre les musulmans. Ces phrases lapidaires de Michel Houellebecq sont inacceptables et d’une brutalité sidérante".

C'est alors que Michel Houellebecq a, à nouveau, décidé de sortir du bois dans un texte adressé au Point. Il revient d'abord ironiquement sur un premier épisode datant de 2001 qui l'avait déjà opposé la Grande Mosquée de Paris. « La Grande Mosquée de Paris est en progrès. La première fois qu'elle m'avait traduit en justice, il y a déjà vingt ans, j'étais accusé de "provocation à la haine raciale". C'était idiot, tout le monde sait que l'islam n'est pas une race, mais une religion à visée universelle, répandue un peu partout dans le monde, et la procureure n'avait logiquement pu que demander ma relaxe», ironise Houellebecq.

Islamophobe ? « Davantage pertinent »

Il rentre ensuite dans le vif du sujet, et sans détour : «Je suis cette fois accusé d'islamophobie, ce qui est davantage pertinent.» Mais il ne s'arrête pas là. Sa pensée pousse sa plume : «L'islam est une religion qui ne m'inspire guère de considération, dans une certaine mesure je plaide donc coupable ; à condition d'ajouter que je suis un islamophobe à temps partiel. De fait, l'islam m'intéresse peu. J'avais relu intégralement le Coran au moment où j'écrivais Soumission ; ça m'avait suffi.»

Sa fiction qui imaginait l'entrée en fonction d'un président musulman avait déjà créé la controverse. Il poursuit en défendant sa théorie du Bataclan à l'envers : «Lorsqu’une enclave islamiste se sera créée, encore peuplée par quelques "gaulois" et même par quelques juifs très courageux ou très pauvres, alors je pense en effet que des actes de résistance auront lieu – c’est-à-dire des actes terroristes, parce que la résistance, c’est ça.»

Là, il ne s'agit plus du fruit de la création, mais bien d'une réflexion personnelle. Voilà qui risque de renforcer l'image de plus en plus discutée que traîne derrière lui Michel Houellebecq.

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