Tac au tac avec Hugo Clément : «Mon intérêt pour les animaux est venu tard»

A la tête du site Vakita, Hugo Clément publie Les lapins ne mangent pas de carottes en défense des droits des animaux.

Hugo Clément
© BelgaImage

Votre travail sur le droit des animaux suscite des réactions violentes. Début décembre, au Havre, vous avez été menacé par un groupe de chasseurs. Comment supportez-vous ce stress?
En fait, c’est assez rare… C’est la première fois que des personnes se déplaçaient à l’une de mes conférences pour faire pression. La plupart du temps, ça se limite à des messages sur les réseaux sociaux. Mais ça reste minoritaire, la majorité des messages que je reçois vont dans mon sens. Il faut relativiser et remettre à leur juste place ces personnes menaçantes qui sont peu nombreuses mais très bruyantes.

Ça ne rigole pas quand même…
Ça fait partie du jeu, quand vous êtes une personnalité exposée, il y a toujours une partie des gens qui n’aiment pas ce que vous représentez et qui l’expriment de manière virulente. Tant que ça reste de la critique…

Dans votre livre, vous expliquez que lier les animaux à certains traits de caractère entretient les stéréotypes. Vous ne devez pas aimer les fables de La Fontaine et les films de Walt Disney…
(Rire). Non, pas du tout… Il ne s’agit pas de casser ce lien et cette fascination avec les représentations des animaux. Il s’agit d’humaniser les animaux à travers nos représentations. Les premières peintures de l’histoire de l’humanité représentent des animaux…

Quel est votre animal préféré?
Le lynx. Un animal mystérieux, très discret, difficile à apercevoir, très subtil. Et puis, surtout c’est un animal qui vit à côté de nous, avec qui on partage l’espace. On en a, dans nos forêts en France – notamment dans le Jura… Retrouver l’émerveillement pour l’écosystème dans lequel on vit est l’une des clés pour mieux le respecter.

À quel animal ressemblez-vous?
(Rire). Ma femme dit que je ressemble à un hibou… Elle dit que j’ai des grands yeux avec un air de hibou…  J’aime bien les rapaces nocturnes, leur côté mystérieux, je les trouve beaux.

Enfant, étiez-vous attaché à un doudou en forme d’animal?
Mais cet intérêt pour les animaux est venu tard, cette sensibilité s’est développée à travers mon travail de reporter… Quand j’étais petit, je n’étais pas branché sur les animaux, je n’ai jamais tanné mes parents pour avoir un chien. J’étais plus branché sur le sport et sur mes copains.

Vous ne lisez que des bouquins sur le bien-être animal, l’écologie, des rapports scientifiques – ce genre de littérature?
Non, ce n’est pas une obsession, ni un centre d’intérêt unique, je lis plein d’autres trucs, je regarde plein d’autres trucs…

Le livre intéressant que vous avez lu cette année?
Sapiens de Yuval Noah Harari, la grande histoire de l’humanité. Un livre fascinant. Je sais qu’il y a eu des critiques sur certaines imprécisions – oui, mais je le trouve merveilleusement écrit et c’est une source de savoirs géniale.

Il n’y a rien en cuir chez vous et sur vous?
Si, si… Déjà, je ne suis pas vegan, je suis végétarien – et je le suis depuis six ans. J’ai des habits qui sont plus anciens que ça, que je fais durer le plus longtemps possible – donc il y en a qui contiennent encore du cuir, oui. Mais je ne suis pas radical sur ces questions … Ce qui compte c’est la trajectoire: d’où on part et où on va.

Vous n’avez donc pas jeté votre canapé en cuir…
Je n’ai pas de canapé en cuir.

Les lapins ne mangent pas de carottes, Fayard, 220 p.   

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