Tac au Tac avec Patrick Sébastien : «La vie me fait plus peur que la mort»

Dans son livre Vivre et renaître chaque jour, Patrick Sébastien raconte des choses. Beaucoup de choses. Parlons-en…

Patrick Sebastien
© BelgaImage

Dans votre nouveau livre, vous avez décidé de tout dire. Il y en a qui doivent trembler dehors…
Non, ils s’en foutent. Tu sais, tout ça est très futile… Ce qui m’intéresse, c’est transmettre de l’espoir, ce truc à contre-courant dans notre société qui interdit tout, critique tout, juge tout.

Vous êtes crépusculaire quand vous écrivez: “Il me reste trop peu de temps, je n’ai plus beaucoup de chemin à faire”. Vous nous cachez quelque chose?
Non, pas du tout, mais je suis lucide, j’ai 69 ans.  Le temps passe. Comme tu dis, c’est crépusculaire. D’ailleurs, la photo sur la couverture du bouquin, c’est un crépuscule… Une photo prise sur ma terrasse dans le Lot, l’endroit où je suis le plus heureux. Si je pouvais mourir à cet endroit-là mais le plus tard possible, je serais ravi.

Vous évoquez “le luisant”. Vous avez une arme à la maison?
Oui, mais je ne suis pas désespéré au point de me dire “Je vais me foutre en l’air”.  Pendant quatre ans, j’ai vu ma maman se traîner d’hôpital en hôpital, je n’ai pas envie de ça…  Mais la vie me fait plus peur que la mort, la société dans laquelle on vit aujourd’hui ne me plaît pas, ça ne me va pas…

Comme Alain Delon!
Je le connais bien, Alain… Tu sais ce qui me manque le plus? Les gens qu’on aime et qui ne sont plus là…

Dans un chapitre du livre, vous décrivez longuement votre goût pour le libertinage. Comment faites-vous pour ne pas être reconnu dans un sex-club ou dans une partouze au Cap-d’Agde?
Je m’en fous. Mais complètement. Je m’en fous complètement. Les gens qui t’emmerdent, c’est les gens qui ne vivent pas leur sexualité comme ils l’entendent… Dans le libertinage, ce qui est vraiment important, c’est la liberté. La liberté d’être ce qu’on veut… Mais “partouze”, c’est pas un mot que j’aime bien. Je ne partouze pas, je fréquente des gens pour qui le respect est la base de tout.

Qu’est-ce qu’il faut dire alors à la place de “partouze”?
Rien. C’est l’amour libre… Sans a ­priori… Dans la vie, j’ai été plus emmerdé par ceux qui faisaient la morale que par les libertaires. Les libertaires ne m’ont jamais emmerdé.

Vous envoyez des SMS la nuit au président Macron? Vous êtes un lanceur d’alerte?
Non. On s’est vus deux fois, je ne suis ni un intime, ni un soutien, mais de temps en temps, effectivement, je lui remonte ce que je sais d’en bas. Après, il en fait ce qu’il veut…

Vous n’avez jamais été dragué par un parti pour ramener des voix?
Non. J’ai pas envie, c’est pas mon rôle.  Ma mission de vie, c’est faire du bien. On m’a souvent caricaturé quand je dis “C’est que de l’amour”, mais il devrait y avoir plus de gens comme moi qui tiennent un discours de bienveillance.

“La caricature du beauf de service que j’ai largement entretenue”. C'est donc de votre faute?
Bien sûr, mais c’est une part de moi. Je voulais être prof de lettres, mais je suis parti sur le futile et le léger, ce qui fait du bien aux gens. Là, je suis en train d’écrire un album de conneries et de chansons festives…

Faites-moi plaisir, donnez-moi un titre de ce nouvel album…
Fais-nous voir tes balloches, ­Patoche. Une phrase que m’ont lancée une bande de mômes lors d’un spectacle.

Vous êtes sûr que vous ne vous êtes pas trompé de vie?
Ah, ça… Je ne sais pas…

Vivre et renaître chaque jour, XO Éditions, 336 p. 

Sur le même sujet
Plus d'actualité