«C'était gratuitement violent» : Bastien Vivès, accusé de promouvoir la pédopornographie, présente ses excuses

Après l’annulation de l’exposition que souhaitait lui consacrer le Festival international de la bande dessinée, l’auteur a présenté des excuses pour certains de ses propos passés.

bastien vivès
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L'auteur de bande dessinée Bastien Vivès, dont une exposition au Festival d'Angoulême a été annulée après qu'il a été accusé de promouvoir la pédopornographie dans certains ouvrages et des déclarations publiques, a présenté jeudi des excuses pour ses propos les plus virulents.

Le Festival international de la BD, événement le plus important du 9e art, avait annoncé mercredi l'annulation de l'exposition qui devait être consacrée à partir de fin janvier à ce dessinateur de 38 ans. Il invoquait des "menaces" qui ont visé l'auteur et les organisateurs. Les détracteurs de Bastien Vivès lui reprochent, entre autres, d'avoir lancé sur Facebook des appels à la violence, sous pseudonyme, contre la dessinatrice féministe Emma en 2017.

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Les excuses pour "certains" propos

"Aujourd'hui je me rends compte qu'au-delà de mes œuvres, ce sont surtout mes propos qui ont choqué", a-t-il écrit jeudi sur Instagram. "Je regrette sincèrement certains de mes propos, et plus particulièrement ceux à l'encontre de la dessinatrice Emma posté sur mon mur Facebook envers laquelle je tiens à m'excuser. C'était gratuitement violent, irrespectueux et surtout indigne", a-t-il ajouté.

La polémique porte également sur les livres de cet auteur, qui mêlent pornographie et mineurs. "Ils s'inscrivent dans un genre burlesque humoristique. Ce ton provocateur, il m'est arrivé de le reprendre parfois, de manière maladroite, dans mes interviews", a expliqué l'auteur du Petit Paul controversé.

 

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Cette BD, qui présente un enfant au pénis démesuré suscitant la convoitise des femmes, et d'autres titres comme "Les Melons de la colère", où une adolescente est violée, et "La Décharge mentale", qui met en scène des relations sexuelles entre des mineures et un homme majeur, font l'objet d'un débat sur leur conformité à la loi.

"Mais à aucun moment je n'ai voulu blesser des victimes de crimes et abus sexuels. Et je tiens évidemment, si mes propos ont pu heurter ces personnes, à leur présenter mes plus sincères excuses", a ajouté Bastien Vivès.

Justice saisie

Interrogée jeudi sur cette polémique, la secrétaire d'Etat chargée de l'Enfance, Charlotte Caubel, a "salué le fait que Bastien Vivès a(it) remarqué enfin l'impact extrêmement violent de ses dessins et de ses propos sur de très nombreuses victimes". "Une représentation ou une image d'un mineur en situation pornographique est punie par la loi. Il m'apparaît qu'un certain nombre de dessins de cet humoriste relèvent de la loi", a aussi affirmé sur Franceinfo la secrétaire d'Etat, ancienne magistrate.

"La justice, d'ailleurs, a été saisie d'une plainte. C'est à elle de se prononcer pour qualifier ces faits", a-t-elle ajouté. "Cette bande dessinée est toujours en vente, cette image qui me paraît être de nature pédopornographique est toujours accessible, voilà, mais ce n'est pas de ma compétence", a encore dit Mme Caubel.

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