Bastien Vivès mis en cause pour des dessins jugés pédopornographiques

Une pétition réclame l’annulation d’une exposition du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême consacrée à l’œuvre de Bastien Vivès.

Une pétition demande l'annulation de l'expo « Dans les yeux de Bastien Vivès »
Bastien Vivès ©Belga Image

Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, qui se déroulera du 26 au 29 janvier, a donné carte blanche à l’auteur Bastien Vivès pour présenter une rétrospective de son œuvre au Musée du Papier. Une exposition qui suscite l’indignation et qui a donné lieu à une pétition réclamant son annulation : « Nous dénonçons la banalisation et l'apologie de l'inceste et de la pédocriminalité organisée par le dessinateur de BD Bastien Vivès à travers ses ouvrages et ses propos dangereux », écrivent les auteurs de la pétition.

Bastien Vivès, auteur et dessinateur, est notamment connu pour des œuvres comme la série Lastman ou Le chemisier. Mais c’est son ouvrage Petit Paul, sorti en 2018 chez Glénat, et dont le protagoniste est un enfant de 10 ans, qui fait polémique. Une œuvre que Libération décrit comme une « BD porno-bouffonne mettant en scène les tabous et situations sexuelles les plus tordues de manière outrancière ».

La pétition a été lancée par Arnaud Gallais, cofondateur du collectif « Prévenir et Protéger », et a déjà recueilli plus de 46.000 signatures. Le texte épingle également des propos tenus par Vivès dans différentes interviews. Par exemple, en 2017, l’auteur déclare au magazine Mademoizelle : « Moi déjà, l'inceste ça m'excite à mort. Pas celui de la vraie vie, mais celui raconté, je trouve ça génial. Tous ces trucs-là font des histoires incroyables. Quand tu transgresses, quand tu fais quelque chose que t'as pas le droit de faire, c'est agréable à lire ».

Dans le milieu de la bande dessinée, la situation a fait naître de grands débats. Selon le directeur du Festival international de la bande dessinée, Fausto Fasulo, le caractère « grotesque, rabelaisien » de la BD Petit Paul, ne peut être confondu avec « une quelconque forme de banalisation de crimes sexuels ou d’incitation ».

Le directeur éditorial de Casterman, Benoît Mouchart, a également réagi à l'affaire dans une interview accordée à Libération:  « Mais de quoi parle-t-on exactement ? A quel endroit fait-il une quelconque apologie ? Est-il désormais impossible de représenter les tabous ? Il y a une confusion navrante entre ce que pense un personnage, un narrateur et un auteur... J'ai l'impression qu'on revit le procès intenté contre Flaubert pour Madame Bovary », a-t-il déclaré.

« Culture du viol »

De nombreuses voix s’élèvent désormais pour que l’exposition « Dans les yeux de Bastien Vivès » soit déprogrammée du célèbre festival d’Angoulême. La pétition a été partagée par de nombreuses personnes, sur le réseau social Instagram notamment.  « Il est évident que de nombreuses productions de Bastien Vivès, en plus d’être immorales, sont illégales car présentant des contenus pédopornographiques, qui mettent en scène des enfants mineurs soumis à des viols, souvent incestueux. Pourtant, ces ouvrages sont encore vendus dans de nombreuses librairies, que ce soit à la Fnac ou sur d’autres grosses plateformes », dénonce le compte je.suis.une.sorcière.

« Dans le contexte de #MeToo, alors que le monde de la BD a déjà du mal à faire sa propre remise en question, quel message cette expo donne-t-elle de notre milieu ? », a de son côté réagi l’auteur Jérôme Dubois.

« Tu es le Festival de bande dessinée d'Angoulême. Tu consacres une exposition à Bastien Vivès qui a créé l'ouvrage 'Petit Paul', qui fait l'apologie de l'inceste, de la pédocriminalité, de la pédopornographie. Il y a des milliers d'autrices et d'auteurs magnifiques, mais toi, tu choisis Bastien Vivès. C'est de la culture du viol », peut-on encore lire dans un post publié par l’actrice et réalisatrice Andréa Bescond.

 

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