Issa Doumbia : «J’ai fait la bande dessinée que j’aurais aimé avoir quand j’étais plus jeune»

Comédien, humoriste, visage médiatique... Issa Doumbia publie une bande dessinée sur son enfance. Conversation.

Issa DOumbia
© BelgaImage

Quand on lit Le petit Issa, la BD qui raconte votre trajectoire, on se dit que vous êtes très sympathique et attendrissant. Vous êtes vraiment comme ça dans la vie?
(Rire.) Il faudrait demander ça à mon entourage. Je dirais que je représente vraiment le personnage de cette BD puisque tous les moments qui y sont décrits sont des moments vécus. Donc pour moi, c’est moi. Enfin, quand j’étais petit. Depuis, j’ai évolué…

Vous faites la chronique d’une famille malienne installée en France. Vous aviez prévenu votre famille? Elle était d’accord?
Je lui avais dit que je travaillais sur un projet de BD, je lui ai montré quelques planches où elle apparaissait. La première chose que ma mère a dite, c’est ”Waouw, tu m’as faite belle”, alors que ce n’est pas moi qui dessine, c’est Liroy.

Vous avez grandi avec Spirou, Lucky Luke, Tintin, Astérix et Obélix. Vous concernant, dans ces univers, en termes de représentation, il n’y avait pas grand-chose…
Pas grand-chose, non, ou alors c’était très stéréotypé.  J’ai fait la bande dessinée que j’aurais aimé avoir quand j’étais plus jeune, qui représente ma culture, qui représente l’endroit où j’ai grandi (Trappes, dans les Yvelines, la ville de Jamel Debbouze - NDLR), qui représente le métissage et les autres ­cultures qui existaient autour de moi.

Une bande dessinée dont vous êtes le héros, ça signifie que vous avez réussi votre vie, non?
Réussir ma vie, je ne sais pas, mais j’ai réussi ce projet. C’est important d’aller au bout de ce qu’on a envie de faire.

Vous êtes dans le Top 30 des personnalités les plus appréciées des Français du Journal de Mickey. C’est la classe!
Ça fait des années que j’y suis… Je monte, je descends, mais je suis souvent dans le Top 10. Ça me touche vraiment beaucoup car être aimé par les enfants, ça veut dire que je leur apporte quelque chose.

Vous leur apportez quoi?
Par rapport à mon physique, les enfants peuvent se dire qu’on peut faire plein de choses…  Beaucoup sont complexés et se disent qu’ils n’arriveront pas à être bien dans leurs baskets. Le fait que j’amuse de mon physique et que je n’en fasse pas un drame, je pense que ça peut leur donner confiance. Et puis, je pense représenter un grand frère qui leur parle sans les infantiliser.

Sur votre compte Instagram, vous avez beaucoup évoqué votre programme d’amaigrissement et de remise en forme. Pourquoi?
Parce que je commençais à avoir de vrais problèmes de santé et pour dire “c’est possible” aux gens qui pensent ne pas pouvoir y arriver. On m’a souvent réduit à mon physique, et je voulais dire aux gens que c’est possible de changer quand on est suivi… Le faire tout seul dans son coin, c’est plus ­compliqué, c’est plus facile quand on est suivi par un coach… Alors, on me dira que c’est plus facile quand on a des sous… Il y a des gens qui ont moins de moyens que moi qui sont aussi à fond, et même plus à fond que moi, et sont suivis par un médecin.

Vous jouez dans L’Empire du Milieu, le prochain Astérix réalisé par Guillaume Canet. Vous faites quel personnage?
Je fais Baba, vigie des pirates qui tente de repérer un bateau à l’horizon…

Ça va la promo? Vous n’en avez pas marre de tout le temps raconter la même chose à tout le monde?
Non. En même temps, c’est pour ça qu’on fait les choses…

Bd de Issa Doumbia

© Prod.

Le Petit Issa, Issa Doumbia, Jeanne Degois, Liroy, Kennes, 47 p. 

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