Michel Cymes : «Je suis devenu une marque, et ce n'est pas une honte»

Médecin et figure médiatique, Michel Cymes publie Rien n’est impossible.  L’occasion de faire le point sur son business.

Michel Cymes
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À quoi ça sert d’écrire un livre sur soi quand on est qui vous êtes?
À rendre service. Des journalistes m’ont souvent sollicité, et je leur disais “Pourquoi vous voulez écrire un livre sur moi? Je n’ai rien fait”. Le Covid m’a ­permis de réfléchir et je me suis dit que j’avais traversé des étapes qui pourraient rendre service. Le but du livre, il est là - faire passer quelques mes­sages…

Lesquels?
Moins de 50 % de gens pouvant bénéficier de dépistages les font. On dépiste le cancer de l’utérus, de la prostate, du sein, du colon - les gens n’y vont pas.

Votre fantasme, c’était le foot…
J’ai vite compris que j’avais les pieds carrés. Comme vous dites, c’était plus un fantasme qu’un rêve.

Donc vous n’étiez pas bon au foot...
(Rire.) Je n’étais pas mauvais, mais entre ne pas être mauvais et faire une carrière, il y a un gouffre.

Votre réussite dans l’industrie des médias, quand on est médecin, ne peut pas se faire sans critiques…
Qui ne me touchent pas. Hormis ­quelques médecins jaloux, j’ai une bonne cote dans le milieu médical. Je suis resté médecin en activité, les médecins disent “Il sait de quoi il parle”. Je n’ai pas très bien géré pendant le Covid car je n’ai pas très bien compris pourquoi on me faisait chier avec un truc…

Vous auriez dit que le Covid s’apparentait à “une grippette”…
Non seulement j’affirme ne l’avoir jamais dit, mais je demande à ceux qui disent que je l’ai dit de me dire où je l’ai dit. Très franchement, j’en ai rien à foutre… Je suis pro-vaccin, j’ai été attaqué par les antivax, par les pro-Raoult, par les complotistes. Tant mieux. Je suis très fier d’avoir été attaqué par ces gens qui font de la désinformation.

Vous avez arrêté de consulter. C’était difficile de voir des patients demander des selfies?
Pour les selfies, j’enlevais ma blouse. Systématiquement…

Êtes-vous devenu une marque?
Oui, avec Dr. Good (le magazine et le site qu’il a fondés - NDLR). Et ce n’est pas une honte… Dr. Good est une marque qui cartonne et qui fait passer des messages de prévention et de santé positive… Si je suis une ­marque, je le revendique concernant Dr. Good.  Être une marque, ce n’est pas compatible avec mon métier de médecin, mais je suis bien obligé aujourd’hui d’accepter l’idée que je suis une marque. Mais aucune publicité ne passe dans Dr. Good sans mon accord. Aucune. Tous les annonceurs le savent.

Vous êtes associé à votre frère, Franck. Il est entrepreneur?
Il était directeur délégué des droits dérivés pour France Télévisions. On a eu l’idée de monter des conférences, et c’est devenu Dr. Good.

Vous avez longtemps présenté Le magazine de la santé à la télé avec Marina Carrère d’Encausse. Vous parliez de son frère, l’écrivain Emmanuel Carrère?
Bien sûr - de son frère et de sa mère (l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, spécialiste de la Russie - NDLR). Ce n’est pas facile de porter ce nom, entre un frère qui écrit des best-sellers et une mère qui fait référence en matière de géopolitique…

Que faites-vous dans l’organisation des J.O. de Paris de 2024?
Je suis ambassadeur santé. Mon rôle est de faire bouger le cul des Français, de les sortir de la sédentarité et de l’inactivité physique.

Avez-vous une grande gueule?
Ah oui. Un peu trop…

Rien n’est impossible, Stock, 226 p.

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