Que raconte le Prix Femina, Un chien à ma table de Claudie Hunzinger ?

Couronné du prix Femina, Un chien à ma table permet à Claudie Hunzinger d'élargir son audience.

Claudie Hunzinger reçoit le prix Femina
© BelgaImage

Ils vivent en ermites. Loin de la ville. Loin du premier supermarché. Ils vivent dans les Vosges, dans une bâtisse en pleine campagne, située au lieu-dit des Bois-Bannis. Les étagères sont remplies de provisions qui devraient les faire tenir un an. Une maison où chacun a sa chambre et ses habitudes. Celle de Grieg croule sous les livres. Il lit la nuit et mange vite pour remonter dans son repaire. Sophie, elle, écrit des romans, et traîne le soir dans la cuisine.

C’est là qu’elle reçoit la visite inattendue d’une petite chienne visiblement maltraitée par Dieu sait qui. Après l’avoir nourrie, Sophie voit la chienne reprendre sa route vers Dieu sait où. Ce n’était donc qu’une brève rencontre… Mais – de retour, d’un déplacement promo à Lyon, Sophie (double de l’autrice) est accueillie par Grieg et par la chienne, revenue se frotter à celle qui l’avait si bien caressée l’autre fois.

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Un peu lent, un peu long

Autour du surgissement de cet animal – que la narratrice baptise Yes – Claudie Hunzinger développe une longue description du monde vu à l’écart du monde. Elle aligne une série de tableaux qui, au tumulte de l’actualité, opposent la recherche d’une quiétude dont la nature semble être la condition première. L’arrivée de Yes convoque également des souvenirs qui sont autant de balises dans l’histoire du couple (Sophie et Grieg se connaissent depuis l’enfance) que de prétextes à ouvrir les portes de l’imaginaire.

Porté par une écriture du détail, le livre – un peu lent, un peu long, ne s’encombre ni d’action ni de rebondissement, mais s’étend comme l’eau coule doucement dans la rivière. Admirée par une fan-base qui a depuis longtemps adhéré à son univers (proche de la nature, proche de la terre et centré sur sa traversée en solitaire du milieu des lettres), Claudie Hunizinger a obtenu le prix Décembre pour Les grands cerfs en 2019. Elle est également artiste plasticienne. L’héroïne d’Un chien à ma table – Sophie Hunzinga, est clairement son double…

Un chien à ma table, Grasset, 278 p.

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