Tac au tac avec Marc Levy: "J’ai reçu des courriers peu aimables"

Marc Levy publie Noa, livre de l’été, bientôt adapté en série par Costa-Gavras. Conversation avec un phénomène.

marc levy
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En exergue de Noa qui clôt la trilogie des 9 autour de la géopolitique et de la corruption, vous écrivez: “Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé… Oh, et puis merde”. C’est l’aveu d’un romancier qui se rêvait journaliste d’investigation?
Non, mais il y a une logique à cette phrase… Il y a un moment où l’impunité des menteurs est telle que je ne vois pas pourquoi on les prendrait avec des pincettes quand on les dénonce. J’ai un peu changé leur nom et s’ils m’attaquent, je leur dirai: “Ça veut dire que vous vous êtes reconnus”.

Avez-vous déjà été menacé à cause de cette trilogie qui n’est que du divertissement?
Disons que j’ai reçu des courriers peu aimables. Du courrier de gens tellement peu fréquentables  que leur “inamabilité” me réjouit…  Quand vous recevez une lettre d’insultes d’un néonazi, qu’est-ce que ça peut faire?

Quand Costa-Gavras vous appelle pour vous annoncer qu’il adapte en série votre trilogie des 9, vous vous dites “Mince, il faut que je me tape tout Costa-Gavras”?
Non, parce qu’en fait j’ai tout vu, mais c’était un moment magique et une récompense inouïe. Costa-Gavras est un metteur en scène dont les films – Z, L’aveu, Missing – ont marqué ma vie. Et quand un homme de cette dimension vous appelle…

Vous avez cru que c’était une blague?
Non, j’ai reconnu sa voix et puis, j’étais prévenu…  Mais c’est une vraie récompense, le fruit de votre travail…

Votre livre fait référence à la mythologie du roman d’espionnage. Vous êtes plutôt James Bond ou OSS 117?
(Rire.) C’est une bonne question… En fait, ça dépend des périodes…

C’est une bonne réponse…
Certains romans de James Bond se rapprochent de la réalité géopolitique et je les trouve passionnants.

Les films d’OSS 117 avec Jean Dujardin, ça vous a fait marrer?
Le premier et le deuxième m’ont fait rire, le troisième beaucoup moins…

Préférez-vous passer une soirée avec Vladimir Poutine ou Julian Assange?
Avec Poutine, certainement pas… En même temps, essayer de comprendre la mécanique intellectuelle d’un homme qui n’a pas de considération pour la vie peut être fascinant.  Assange, ça m’intéresserait de lui demander comment on peut être un lanceur d’alerte et s’être autant trompé politiquement…

Comptez-vous ouvrir un compte sur Truth Social, le réseau social de Donald Trump?
Non, parce que je n’y resterais pas longtemps. Si vous faites une critique sur Trump, vous en êtes éjecté…

À votre bureau, que voyez-vous quand vous relevez la tête?
Je vois, sur la droite, une très belle photo de mon père, devant moi, les toits des maisons où je vis à New York.

Pourquoi vivez-vous à New York?
Parce que j’ai toujours été attiré par la différence et qu’à New York, sur un bout d’île, cohabitent trois cent quatre-vingts communautés.

Quand êtes-vous fâché avec vous?
Avec moi? Oh, très souvent…

Le succès rend sûr de soi, sexy ou méfiant?
Sûr de soi, pas du tout. Méfiant non plus… J’aurais bien aimé que ça rende sexy, mais malheureusement, je ne l’ai pas constaté.

Noa, Robert Laffont, 369 p. 

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