Barbara Abel, la reine du polar belge adaptée aux Etats-Unis: "Un truc de dingue"

L’autrice belge rentre de New York où elle a visité le tournage de Mother’s Instinct, adapté de son livre.

barbara abel
© Isopix

Vous avez fait le voyage aux États-Unis où se tourne Mother’s Instinct, remake de Duelles, le film inspiré de votre livre Derrière la haine. Où se déroule le tournage?
À  Union County dans le New Jersey, à quarante-cinq minutes de New York… Un truc de dingue!

On vous a accueillie sur le set comme “the belgian author”…
Oui. J’ai été accueillie par les producteurs et l’un d’eux m’a présenté Jessica Chastain qui m’a dit qu’elle était très honorée de me rencontrer… (Rire.)

Elle est sympa?
Oui, avec moi, elle était gentille… Malheureusement, je ne parle pas très bien anglais, du coup…

Vous baragouinez l’anglais…
Et c’est là que vous vous dites: “Pourquoi je suis con à ce point?” Je me suis dit: “Mais pourquoi j’ai pas mieux écouté ma prof d’anglais quand j’étais à l’école?”

Anne Hathaway est l’autre star du film. Vous l’avez rencontrée?
Oui, elle était toute contente de me rencontrer, et là je baragouinais anglais et elle baragouinait français.  Elle m’a expliqué comment elle voyait son ­personnage. On était d’accord toutes les deux pour laisser planer le doute – est-ce que cette femme est animée de mauvaises intentions ou épuisée de tristesse?

Vous avez donc vu de très près le système hollywoodien…
Ben oui… Ce sont des stars… Mais je les ai vues travailler une journée…

Qu’avez-vous ressenti en voyant Jessica Chastain et Anne Hathaway interpréter les personnages que vous avez inventés?
Une sorte d’irréalité… Sur le moment, on ne réalise pas vraiment. C’est après qu’on réalise… Sur le tournage, tout le monde fait son job et on prend les ­choses telles quelles: on est dans l’énergie du travail. C’est après, dans la voiture qui me ramenait à New York que je me suis dit: “Waouw, ça m’est vraiment arrivé”. Je me disais qu’au niveau aspiration et au niveau commercial, on ne peut pas aller plus haut que ça… Anne Hathaway et Jessica Chastain, qui vient de remporter l’oscar de la meilleure actrice, on ne peut pas espérer mieux.  C’est un truc qui arrive rarement…

Entrer dans l’industrie du cinéma américain, ce n’est pas arrivé souvent à un auteur ou une autrice belge – à part à Maurice Maeterlinck et à Hergé. Ce que vous vivez, même Amélie Nothomb ne l’a jamais vécu…
Oui, c’est vrai. Je sais que je vis un truc exceptionnel. Ceci dit, quand j’ai ­rencontré les deux actrices, j’étais dans mes petits souliers, je ne faisais pas la fière – surtout avec mon anglais de merde!

Dans le New Jersey, sur ce tournage, vous vous sentiez plutôt à l’aise ou plutôt gênée?
Disons que, l’air de rien, je me sentais légitime… C’est quand même mon histoire, quoi… Faut pas déconner!

Dans le film original – belge – réalisé par Olivier Masset- Depasse, vous faisiez une figuration. J’imagine que, dans le remake américain, vous avez un plus grand rôle… 
(Rire.) Non, je n’ai absolument rien à faire dans cette version. Je ne fais pas d’apparition dans ce film…

Il n’empêche, vous allez quitter Bruxelles pour Hollywood ou New York…
(Rire.) Eh bien, non… Figurez-vous que j’aime Bruxelles… Bruxelles est ma ville et même si j’ai adoré New York, qui est une ville fabuleuse, rien ne vaut Saint-Gilles.

Sur le même sujet
Plus d'actualité