Livres, BD, jeux vidéo… Nos conseils pour se détendre ce week-end

Découvrez les nouveautés culture épinglées par la rédaction.

lire un livre
© Pexels

La dernière balade de Jean Townsend

Photos, coupures de presse, anciennes publicités, croquis, interviews réalisées dans le cadre de son projet – tout pourra être utile à Fred Vermorel, obsédé depuis son enfance par l’affaire Jean Mary Townsend, une jeune styliste dont le corps sans vie est retrouvé dans un terrain vague de Londres en septembre 1954. Élégante et toujours bien habillée, Jean Townsend a été étranglée avec son foulard noir à rayures dorées. Première surprise pour Fred Vermorel qui reprend la chronologie du dossier depuis la découverte du cadavre: tout a été bâclé dans les premières constatations de l’enquête et tout a été allégrement pollué sur la scène du crime. Il doit refaire le travail, et tente de retrouver les acteurs plus ou moins proches du dossier – certains accepteront de lui parler, d’autres non…

Si on assiste à la réouverture d’un cold case, pratique devenue courante en littérature – pour ne pas dire à la mode depuis Le dahlia noir de James Ellroy, le ton assez rock and roll qu’il appose à son enquête est assez original et vivifiant. Le principal intérêt du livre n’est pas tant l’énigme du meurtre de la jeune femme dont il reconstitue le puzzle, mais le tableau – minutieux, précis et documenté – du milieu que fréquentait Jean ­Townsend. Le récit devient alors tour operator dans la géographie interlope et sexy du West End des années 50, un chemin des plaisirs nocturnes dont les principales stations sont des clubs nourrissant le glamour de la clandestinité et où se croisent artistes, truands, actrices, mannequins, homosexuels et hétérosexuels pas si hétérosexuels.

Dans la lumière délicieusement sombre de ces lieux que fréquentait la jeune Jean, on tombe sur des phénomènes de la nuit, des signatures de la pègre et des célébrités aimant se frotter à l’idée de scandale. Auteur de biographies consacrées à des figures de la pop culture (les Sex Pistols, Vivienne Westwood, Kate Moss), Fred Vermorel réussit un livre déroutant, vaguement détraqué, monomaniaque, et braque la lumière sur une certaine aristocratie de la nuit qui a tout fait pour ne pas être vue. – S.M.

la dernière balade de Jean Townsend

Fred Vermorel. Sonatine, 462 p. 

Une grande actrice

Mère de famille, veuve reconvertie en lesbienne qui ne dit pas son nom, énergumène pseudo-mondain, Jacqueline Boulanger a deux talents: flatter son image auprès des autres et savoir pour qui les autres se prennent. Mais lorsque Josyane, spécialiste des centrales nucléaires au look maniaque (toujours la même chemise, toujours le même pantalon) entre dans sa vie, la roue tourne… plus vite encore. Entre fuite en avant, incessante ­bougeotte, gastronomie qui ne nourrit vraiment jamais, gourmandise du rien et morsure dans le vide, Stefan Liberski fait le portrait existentiel d’une femme qui, confrontée aux étonnements de Roman, son fils, veut faire un doigt d’honneur à la vie. Sans pitié. – S.M.

Stefan Liberski. ONLIT Éditions, 206 p. 

Moon River

Ça grenouille ferme dans l’usine à rêves californienne. Il faut dire que la jeune actrice Betty Pennyway a été victime d’une odieuse agression. En effet, le miroir de la star hollywoodienne est formel: quelqu’un lui a dessiné une forme sur la joue. Pas la peine de tourner autour du pot, il s’agit d’un sexe masculin (une bite, comme le précise le jargon des experts). En plein tournage du western qui devrait emplir les caisses des producteurs, ça fait tache de feutre indélébile. Alors, la police somme son meilleur élément de démêler ce bien mystérieux écheveau. Fabcaro s’en donne à cœur joie dans ce pastiche qui repousse encore les limites de la déconne et du métalangage. En attendant l’adaptation de son Zaï Zaï Zaï Zaï au cinéma, il nous prouve encore qu’il est au sommet de son neuvième art. – J.-M. P.

Moon River

Fabcaro. 6 pieds sous terre, 80 p.

Fun Girl

Imaginez une sorte de Joey de la série Friends, mais en fille trash et sexuellement totalement dénuée de barrières. En colocation avec son ex, jeune infirmière tentant de vivre une idylle tranquille avec son nouveau copain, la Fungirl d’Elizabeth Pich ne rend pas les choses faciles à son ­entourage. Avec son manque d’hygiène, de pudeur, et de limites, c’est un véritable ­éléphant politiquement incorrect qui se meut dans le magasin de porcelaine de la vie de ses proches. Pourtant, cette employée peu modèle récemment ­engagée dans une entreprise de pompes funèbres veut bien faire. Et au fil des gags poétiques et poilants, ­Elizabeth Pich dessine la cartographie sans fard d’une jeune et magnifique paumée d’aujourd’hui. Dégueu et touchant à la fois. – J.-M. P.

Fun Girl

Elizabeth Pich. Les Requins Marteaux, 260 p.

Halo Infinite

Vingt ans de Halo, ça en fait des histoires à conter et autant d’in­trigues à rattraper. C’est de fait la promesse de ce Halo Infinite dédié à être le reboot spirituel de la saga, sorte de marchepied pour ceux qui auraient loupé les premières destinations du célèbre Master Chief. À l’entame de cet épisode, ce dernier est retrouvé mal en point alors qu’il dérive dans l’univers au milieu des débris. Dans Infinite, certes, Master Chief retrouve de vieux ennemis, mais découvre surtout le grappin, clé de voûte du jeu tant son utilisation et sa maîtrise sont primordiales pour se défaire de toutes les embûches prévues par l’histoire. Il est alors bon d’évoquer les zones de jeux, car même si ce Halo n’est pas en monde totalement ouvert, il offre des espaces qui laissent beaucoup de libertés dans l’approche des combats. En parallèle de cette expérience narrative, Halo Infinite se joue également de manière compétitive, en ligne et ­gratuitement, avec tout autant de plaisir et de ­sensations. Master Chief nous ouvre une nouvelle voie et elle semble royale. – G.C.

PC Xbox X/S XOne. 343 Industries / Xbox Game Studios

Sur le même sujet
Plus d'actualité