Les bonnes raisons de se détendre ce week-end

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Les bonnes raisons de se détendre ce week-end

Blacksad tome 6: Alors tout tombe

Dans la grande famille des stars félines du neuvième art, John Blacksad occupe une place à part en nos cœurs. Ses apparitions se font rares. Et ce n’est pas la teneur de cet excellent sixième tome de ses aventures qui fera mentir l’adage sur la valeur de la rareté. Il est de retour après huit ans d’absence. On n’est pas déçu. Le détective privé est engagé pour protéger une chauve-souris, chef d’un syndicat gangrené par la pègre organisée du New York des 50’s. Une grosse pomme très occupée à se forger une image moderne, au prix de lourds sacrifices humains. C’est le paradoxe et la force de cette série animalière: les lézards, autruches, buffles ou goélands campent des humains plus vrais que nature. Une formule gagnante qui permet au duo Canales-Guarnido de pousser loin leurs recherches sur cet étrange animal humain. Dans toute sa complexité, comme le rappelle le scénariste Juan Diaz Canales: “Notre chat détective est un idéaliste lâché dans un monde de brutes. Avec Juanjo (Guarnido, au dessin – NDLR), on essaie d’équilibrer l’ombre et la lumière”. Et ce jeu de contraste fonctionne à merveille. Tout en lançant des clins d’yeux au polar classique et au style de l’époque, la première partie de ce diptyque s’interroge sur jusqu’où peut-on aller pour sauver ceux qu’on aime, et où s’arrêter avant de basculer. Et puis, il y a cet amour du théâtre et des raconteurs d’histoires, rendu vibrant par la combinaison parfaite des deux auteurs. Comme le résume bien Guarnido: “À chaque fois que je termine un album, je suis pris d’une terrible nostalgie”… Et son camarade Canales d’embrayer: “Blacksad, c’est LA série de notre vie, c’est grâce à lui qu’on fait de la BD aujourd’hui. Il n’a jamais été question d’arrêter!” C’est noté. – J-M.P.

Juan Dias Canalès et Juanjo Guanido, Dargaud, 56 p.

Changer: méthode

Édouard Louis poursuit sa grande aventure littéraire, projet dont il est l’axe principal autour duquel tournent les thématiques qui l’ont rendu célèbre. Récit autobiographique, Changer: méthode décrit le jeune homme qu’il fut dans son Nord natal, enfant d’un milieu populaire qu’il a fui pour faire des études à Amiens qu’il a quitté pour vivre à Paris. C’est là, flanqué de nouveaux amis – comme le sociologue Didier Eribon qui le fascine dès la première rencontre – qu’il entreprend sa métamorphose, faisant naître au monde un garçon qui ira jusqu’à changer son nom et ses dents pour s’offrir les clés d’un univers bourgeois et cultivé où il est accueilli par des hommes sensibles à son charme. Avec une sincérité désarmante, Louis décrit le parcours d’un transfuge de classe qui a abandonné derrière lui le sentiment de honte sociale.  Lumineux. – S.M.

Édouard Louis,  Seuil, 336 p. 

La vraie vie de Buck John

L’Auvergnat inaugure son contrat avec le label Cinq7 avec un disque plongeant dans l’Ouest américain qui servait déjà de décor à l’énorme “Mustango” (1999). Derrière l’hommage au cow-boy héros de son enfance, “La vraie vie de Buck John” va à l’essentiel avec huit des douze plages sous les trois mi­nutes. Il convie Stetson et guitares rock (Nana), poésie (À moi baladin), nostalgie (Marilyn et Marianne où il cite Dylan, mais aussi Kim Wilde et Barry White), avant de sortir harmonica et cuivres sur l’énervé Où Geronimo rêvait. Un grand cru. – L.L.

Jean-Louis Murat, Cinq7/Wagram

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