Le garçon, un roman qui tatoue les sens

Un prix Femina amplement mérité. 

Le garçon, un roman qui tatoue les sens

À la mort de sa mère en 1908, le garçon – sans nom et si préservé du monde des hommes qu’il ne parle pas – prend la route. Il fera halte dans un hameau où une microcommunauté le mettra à la tâche comme valet de ferme, puis deviendra l’assistant de Brabek, lutteur de foire à la faconde merveilleuse. Ce sont les Van Ecke, père et fille, qui lui ouvriront véritablement le champ de l’humanité. Emma, pianiste rayonnante, le remet d’aplomb après un accident, le dote du prénom de Mendelssohn – Félix – et ensemble, ils entament une vibrante exploration amoureuse, entre peaux et livres coquins. Mais voilà qu’arrive 1914: Gustave Van Ecke souhaite monter au front mais seul le garçon est en âge de s’engager. Dans ces tranchées où “la mort pue”, l’enrôlé reçoit les lettres de son amante, mais ces talismans-là ne pansent pas toutes les horreurs… Les conflits feront-ils de lui un chasseur ou une proie? C’est dans une langue aussi fourmillante que prospectrice que Marcus Malte trace ce sillon éclairé hors du polar. Bien lui en a pris: ce roman d’apprentissage fécond nous a tatoué les sens autant que culbutés. Un prix Femina amplement mérité.

*** Le garçon. Marcus Malte. Zulma, 544 p.

Le garçon

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