Désorientale, l’histoire d’une Shéhérazade ultra-contemporaine

Négar Djavadi signe ici un premier roman qui fait merveilleusement mouche.

Désorientale - Livre -Couverture

À Paris, dans un service de procréation assistée, Kimiâ, seule, une pipette à la main, a tout son temps pour méditer sur les Sadr, sa singulière famille de Téhéran. Pour “raconter des histoires qui telles des matriochkas ouvrent sur d’autres histoires […] sans doute une façon de s’accommoder d’un destin qui n’a connu qu’invasions et totalitarisme”. Depuis son arrière-grand-père à la tête d’un andarouni (harem) à ses oncles numérotés de 1 à 6, de ses parents en lutte contre le Shah puis contre Khomeiny jusqu’à son exil en France à dix ans, c’est tout un pan – autant intime que politique – de ce pays que cette Shéhérazade ultra-contemporaine, volubile et captivante nous donne à observer. Au cœur du récit, les femmes, plurielles et déterminées – la narratrice, double amplifié de l’auteure, se révèle amoureuse d’Anna, une bassiste de rock – ne sont pas avares en subterfuges pour s’avancer sur le terrain de l’émancipation. Ce premier roman qui, entre épique et filiation, n’est pas sans rappeler Les enfants de minuit de Salman Rushdie, fait merveilleusement mouche.

**** Désorientale de Négar Djavadi. Liana Levi, 352 p.

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