Avec « Le dernier assaut », Tardi règle son compte à la bêtise humaine

Tardi poursuit son œuvre de démolition de l’absurdité de 14-18. Fulgurant.

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Il s’appelle Augustin et, brancardier de son état, balade son spleen dans la boue des tranchées malodorantes (car il faut l’avouer, il n’y avait pas que de la boue dans ces trous qui puaient l’effroi et la mort). Et comme il a la langue aussi bien pendue que dépourvue de bois, il va jouer pour nous les guides dans cette horreur de la guerre des tranchées, devenant le temps d’un album le porte-voix de Tardi.

Un trait inimitable et diablement efficace

Sans fard, mais avec beaucoup de reproches. C’est que l’auteur, qui avait refusé en son temps la Légion d’honneur, est antimilitariste, certes, mais surtout anti-connerie. Et des conneries, il en fallut pour provoquer, accepter, engager et prolonger cette guerre. En une petite centaine de pages, Tardi règle son compte à la bêtise et à l’arrogance humaines, qui embarqua femmes, hommes, enfants, chiens, chevaux et cochons dans un long cauchemar éveillé. Comme dans les précédents ouvrages du maître, la précision et l’érudition se conjuguent au temps de la narration, maîtrisée, roublarde, parfois désabusée, mais toujours humaine. Avec son trait inimitable et diablement efficace, l’auteur d’Adèle Blanc-Sec croque comme personne morts et vivants, gueules cassées ou généraux au cœur et au cerveau racornis.

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LE DERNIER ASSAUT, Jacques Tardi et Dominique Grange, Casterman, 112 p

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