Michel Tournier est décédé à 91 ans

L'auteur âgé de 91 ans vivait reclus dans un village des Yvelines. Rendu célèbre avec Vendredi ou les Limbes du Pacifique, il n'avait plus rien publié depuis près de 20 ans.

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Michel Tournier avait peur de la vieillesse. Peur de s’ennuyer. Peur de décrépir. Il est décédé entouré de ses proches qui veillaient sur lui depuis plusieurs mois. Né dans une famille de germanistes, il possédait l’oeuvre entière de Jean-Paul Sartre, son père spirituel, en langue allemande. Fasciné par les mythes, il écrit Vendredi ou les limbes du Pacifique en 1967 mais c’est quatre ans plus tard, en réécrivant son livre pour les enfants sous le titre Vendredi ou la vie sauvage qu’il connait le succès phénoménal qui lui assurera célébrité et rente jusqu’à la fin de sa vie.

En 1974, consécration suprême, il reçoit le Goncourt à l’unanimité (ce qui reste à l’heure actuelle un record plus jamais atteint) pour le Roi des Aulnes qui emprunte son titre à un poème de Goethe. Quoi de plus logique pour un homme qui se destinait à une carrière de professeur de langues germaniques après avoir réussi sa licence à l’université de Tübingen.

L’histoire retiendra les trois premiers romans de Michel Tournier comme les trois piliers de son oeuvre. Il écrira encore plus d’une dizaine de romans et contes pour enfants jusqu’au milieu des années 90 avant de prendre sa retraite dans son ancien presbytère au coeur de Choisel. Il participera encore à quelques essais jusqu’en 2011 où il publie Je m’avance masqué, livre-entretien avec Michel Martin-Roland où il refait le chemin de sa vie lui qui se définissait comme « un écrivain de la célébration qui dit oui à la vie ».

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