Le nouvel Asterix laisse un goût mitigé

Le papyrus de César fait l’objet d’une mise en place massive, mais l’histoire, un peu tête en l’air, ne tient pas toutes ses promesses.

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Cette trente-sixième (et très attendue) aventure d’Asterix est construite sur un pitch assez génial. Mais on le taira ici pour ne pas dénaturer le plaisir des lecteurs qui attendent ce soir ou ce week-end pour le savourer. Car, on le sait, entrer dans un nouvel album d’Asterix c’est retrouver des sensations d’enfance qui vous réchauffent et vous dorlotent le cœur. Asterix est tout sauf de la bande dessinée pour spécialistes, c’est de la bande dessinée pour tout le monde. Quel plaisir donc de retrouver, en entrée d’épisode, ce bon vieux César en pleine réunion avec son conseiller en communication dont la décision d’intervenir sur l’édition de La guerre des Gaules est à l’origine de l’histoire…

C’est tout ce qu’on révélera du scénario du Papyrus de César, même si on en a déjà dit trop. Car en disant cela, on a presque tout dit. L’album démarre fort avec quelques belles trouvailles de dialogues («César écrit? Tiens, je croyais qu’il était militaire»), de très bonnes idées de pastiches dans la tradition Uderzo-Goscinny (notamment la citation à Wikileaks, à Julian Assange et à le clin d’œil à l’industrie des médias), mais malheureusement le souffle ne parvient pas à tenir la foulée d’un récit qui, en route, apparaît vidé de sa substance. Dans Le papyrus de César, l’odyssée d’Asterix et Obelix traine un peu la patte, perd du temps, perd le fil de la situation, et y revient alors qu’on s’est vaguement éparpillé sur la bande d’arrêt d’urgence en comptant les papillons. C’est dommage car, une fois de plus, l’idée de départ est formidable…

Deuxième album signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (après Asterix chez les Pictes écoulé à 5 millions d’exemplaires), Le papyrus de César jouit d’une mise en place en magasins digne du pas du T.Rex. On attendra de voir ses scores de vente (mais on ne s’en fait pas outre mesure), même si cet album confirme la série comme phénomène d’édition, et phénomène de société. Une série si ancrée dans l’inconscient collectif qu’elle peut se permettre de faire référence à sa propre histoire sans perturber personne. Clin d’oeil à sa propre mythologie comme c’est le cas ici, dans une scène dont on ne dira rien pour ne pas confisquer le charme de la lecture.  

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